« Vers la fin des bus vides ? »
CONSEIL COMMUNAUTAIRE. Les déplacements étaient à l’ordre du jour de la séance de vendredi et en particulier ces transports en commun qui ne transportent pas grand monde
« Vers la fin des bus vides ? »
Article Sud Ouest du lundi 15 juin 2009 – par Jean-François RENAUT
Les transports en commun : « Un vase chantier qui sera lourd de conséquences », prévient Jean-Pierre Jullian, le président de la Communauté d’agglomération du Marsan. (photo archives pascal bats)
Le Conseil d’agglomération a voté vendredi soir le lancement d’une « étude de définition d’une politique globale des déplacements ». La loi ne l’exige pas mais la situation si. « C’est un vaste chantier qui sera lourd de conséquences », admet Jean-Pierre Jullian. Le président de la Cam évoque ces « cars trop grands », ces « itinéraires pas bons ».
Qui font que les bus des transports urbains montois (TUM) roulent trop souvent vides. La communauté met 1,3 million d’euros tous les ans pour assurer le transport en commun sur l’agglomération. Une somme conséquente pour un résultat qui ne l’est pas.
Sur les 18 communes adhérentes, seules Mont-de-Marsan et Saint-Pierre du Mont sont desservies par les huit lignes existantes (1). Sept bus et treize chauffeurs assurent les rotations. La fréquence de passage est d’un bus par heure. 320 000 tickets ont été compostés l’an passé, grosso modo comme en 2007. C’est très faible.
C’est la RDTL, officine du Conseil général, qui est titulaire du marché jusqu’en 2011. L’économie générale ne pourra pas être modifiée d’ici là mais une clause autorise la Cam à dépasser de 20 % le nombre de kilomètres parcourus annuellement (343 000 en 2008). Ainsi, il a fallu attendre mais depuis quelques mois la plate-forme sociale et le centre pénitentiaire sont désormais irrigués.
Darrieussecq est pressée
Ce sujet tient à coeur au maire de Mont-de-Marsan. Geneviève Darrieussecq préside la commission Transports de la communauté. Une mission dont elle dit souvent avoir du mal à s’acquitter. Elle s’avoue d’ailleurs « un peu contrite » qu’on ne lui donne pas « plus d’importance dans cette communauté ».
Le document que l’assemblée va adopter, elle déplore de ne l’avoir jamais lu auparavant. Rien de révolutionnaire dans son contenu. Le plan global de déplacement a pour objectif de « définir les principes des transports de personnes et de marchandises de la circulation et du stationnement ». En vrac et de façon non exhaustive, il vise à diminuer le trafic automobile, inciter aux transports collectifs et au covoiturage, développer les déplacements doux (vélo, marche à pieds), organiser le stationnement, aménager le réseau de voirie…
Le maire de Mont-de-Marsan est pressée. Elle pousse pour une modification rapide des itinéraires. « Peut-on réfléchir dès maintenant ? Tous ces bus vides ont un coût incroyable. Essayons de faire des lignes plus intéressantes avec davantage de clients d’ici à 2011. »
Des « rustines » selon Jullian
Jean-Pierre Jullian grommelle. « Ce ne sont que des rustines. Ce sont des techniciens qui ont fait ce trajet. Je crois que le travail a été relativement bien fait. Les cars vides dans la journée sont bondés d’élèves le matin. »
Geneviève Darrieussecq souligne, à juste titre : « Des passages tous les trois quarts d’heure, ça n’est pas incitatif du tout. » Jullian avance une circonstance atténuante. « Les transports en commun, c’est difficile dans les petites villes. On n’est pas à Bordeaux où les trams sont pleins. » « Il ne faut pas dire que nous sommes restés les deux pieds dans le même sabot. »
Pour autant, il considère ce plan global de déplacement comme « une nécessité vitale ». Mieux faut tard que jamais.
Un jour peut-être les bus montois cesseront d’être vides les neuf dixièmes du temps.
(1) À titre de comparaison, Urbus, grâce à 14 lignes, dessert 7 des vingt communes de l’agglomération dacquoise. Les 13 autres communes de l’agglomération dacquoise bénéficient d’un système de transport à la demande depuis 2004.
————————————————————————————————————————-« Logements sociaux : retard quasiment irrattrapable »
Si les transports en commun constituent une équation difficile à résoudre pour la Cam, le logement social en est une autre. À la fois plus simple mais quasiment impossible à résoudre dans les temps impartis compte tenu du retard pris. D’ici 2015, l’agglomération devrait être à même de proposer 20 % de logements sociaux. Elle en est très très loin. Mont-de-Marsan et Saint-Pierre du Mont sont actuellement à 12 ou 13 % pas plus. Pour être en conformité avec la loi SRU, il faudrait 504 logements sociaux montois supplémentaires, 186 saint-pierrois et 120 autres disséminés dans les autres communes adhérentes.
En fait, et compte tenu des projections qui prennent en compte l’ouverture prochaine de l’autoroute A 65 (c’est prévu pour l’automne 2010), ce sont 2 800 logements qu’il faudrait construire sur une agglomération dont la population serait de 55 000 habitants, soit une moyenne de 473 par an jusqu’en 2015.
Favoriser la mixité sociale
Pour faire face à ces challenges, la Communauté d’agglomération a approuvé vendredi soir un Plan local de l’habitat. Il fixe donc pour les six ans à venir « les enjeux, les objectifs et les actions » permettant de répondre au mieux aux besoins en logement « de toutes les catégories de population » en favorisant la mixité sociale. Un poste de chargé de mission dédié à cette question a été créé. À l’exposé pas franchement réjouissant de Christian Nolibois, vice-président de la Cam et maire de Campagne, Hervé Bayard répond de façon un peu ironique. « Nous n’en attendions pas moins. Nous sommes le plus mauvais élève de la région et même au delà. Sur l’agglomération, 900 demandes de logements sociaux sont en attente, c’est le triste résultat des 30 dernières années. Ce plan est bienvenu parce qu’il permettra de combler une partie du retard. »
Le premier adjoint montois pointe le manque d’investissement de la Cam dans un domaine qui fait pourtant partie de ses compétences. « Il faut arrêter de regarder dans le rétroviseur », le tance Jean-Pierre Jullian.
La Cam octroiera, par foyer, 3 000 à 4 000 euros d’aide pour favoriser l’accession sociale à la propriété (sur un coût total moyen estimé à 100 000 euros) et encore 3 000 euros de prime pour chaque logement social public produit. Pas la peine d’espérer de nouveaux castors, ils sont jugés comme trop consommateurs d’espace foncier. En restant raisonnable sur les surfaces, ce sont au minimum 70 hectares dont auront besoin Mont-de-Marsan (50) et Saint-Pierre (20) pour tenir des objectifs pour la réalisation desquels les différents partenaires devront travailler en meilleure intelligence qu’aujourd’hui. Une des solutions devra consister à réhabiliter le parc ancien en particulier dans l’hyper-centre de Mont-de-Marsan. Il y a du boulot là aussi. Beaucoup de boulot.
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Commentaires
Les bus sont vides , rien d’étonnants les horaires ne sont pas adaptés. Habitant le centre ville, je fais tout à pied, sauf les courses de la semaines. Mont de Marsan n’est pas une grande ville, et à l’heure où le coût de l’essence pèse sur le budget, c’est une solution. Ma fille va de la place du commerce à Duruy à pied, allé/retour 2 fois par jour, ça lui prend moins de temps que les transports en communs. Mon fils prenait le Tum pour aller à Esteve et arrivait régulièrement en retard en raison de changement d’horaire et d’arrêt. Nous avons investi dans un vélo, vite rentabilisé, puisque même si moi, la mère, je suis au chômage est peu bénéficier des transports gratuit, ce n’est pas le cas pour mes enfants.
Avant d’envisager la gratuité des transports en commun, faire une étude sur les besoins, et l’a non utilisation de ce mode de transport apporterait un début de réponse. La gratuité n’est pas en soit une solution, car ce n’est pas le coût qui bloque mais plutôt une inadéquation entre service et nécessité. Le service public doit répondre aux besoins du public, et non pas l’inverse.
Il faudrait faire des lignes à fréquence elevées et en site propre (1 bus/15 mn en heure de pointe et 1 bus/30mn en temps normal) sur les grands axes avec des grands bus, des lignes interquartiers à fréquence moins élevée (1 bus/20 mn en heure de pointe et 1 bus/40 mn en heure creuse) avec des mini bus. Les bus devrait circuler du lundi au vendredi de 6h à 20h, le samedi de 7h à 20h et le dimanche de 8h à 19h. Il faudrait aussi penser à des bus le soir le vendredi et le samedi et des taxis bus pour les spectacles. Revoir l’offre est importante.

Oui pour des navettes urbaines plus petites et avec des horaires plus rapprochés.
Les cars de grandes capacités restant en transport scolaire uniquement matin et soir.
Pourquoi ne pas instaurer la gratuité du transport qui serait alors pris en charge par l’ensemble des contribuables de l’agglomération.
Les coûts induits par le paiement (impression de billets, vente des billets, contrôle, machine de billeterie, service en charge de délivrance de carte gratuite, etc …) seraient alors inéxistants et permettraient peut-être d’équilibrer le budget !!!