« Un vrai plan de bataille »
PETITE ENFANCE. Pour rattraper le « retard abyssal » de la ville en terme d’accueil des jeunes enfants, un programme d’attaque est lancé. Le moment d’envisager un petit dernier ?
« Un vrai plan de bataille »
Article Sud Ouest du vendredi 5 mai 2009 – par Aude FERBOS
À l’association Les Petits pas rue Victor-Hugo, les parents peuvent partager les petits bonheurs de la famille mais aussi s’entraider. Une soupape et un soutien pour les mamans, un moment de partage et de jeux pour les enfants. (photo nicolas le lièvre )
1- Optimiser la crèche familiale du CCAS
Premier acte de cette nouvelle politique familiale : augmenter les capacités d’accueil dans les structures existantes. Avec d’abord le renforcement de la crèche familiale du CCAS (Centre communal d’action sociale), qui accueille aujourd’hui 157 enfants (37 places de plus et 8 embauches d’assistantes maternelles cette année.) Afin d’optimiser « le taux de remplissage » chez les nounous, une commission d’attribution des places a été instaurée. Commission d’attribution à laquelle devraient être bientôt associées les crèches collectives pour une meilleure coordination.
Au CCAS, cette réorganisation a été accompagnée par la régularisation du statut des salariées de la crèche familiale, dont les contrats ont été rationalisés au maximum afin de potentialiser l’accueil du plus grand nombre d’enfants possible.
En parallèle, la structure a été étoffée. D’abord, avec le développement des activités d’éveil qui ont été élargies : un programme quotidien est ainsi proposé tous les matins aux enfants (peinture, arts plastiques, musique, exercices de motricité…), sous la houlette d’une puéricultrice, dans une salle du Peyrouat. Ensuite, dès le mois de septembre, la structure devrait pouvoir répondre aux besoins moins classiques des familles. À savoir les horaires décalés, c’est-à-dire à partir de 7 heures du matin et jusqu’à 21 h 30. Une prise en charge atypique qui sera toutefois assumée seulement par les nounous volontaires, et qui sera rémunérée en conséquence. De même, les enfants porteurs d’un handicap ou de problèmes médicaux pourront être accueillis. Un petit autiste a d’ores et déjà été confié à une assistante maternelle.
2- Augmenter les capacités d’accueil
Les crèches collectives seront elles aussi dotées de moyens supplémentaires. Ainsi, la structure hospitalière de Barbe-d’Or passerait de 36 à 50 places, tandis que l’extension de Câlin-Câline prévue dans le cadre de son déménagement a été revue à la hausse. En effet, si le projet initial tablait sur un passage de 27 à 40 places, la capacité de la crèche sera finalement portée à 60 berceaux, à l’horizon fin 2010. Début des travaux prévu en décembre prochain. Et pour ne pas perdre les 800 000 euros d’allocations versées par la CAF dans le cadre de l’Anru, le calendrier doit être tenu.
« Malgré ces augmentations, on est encore loin des 170 places manquantes évaluées par la CAF », sourit Mme le maire avant de dévoiler le deuxième acte du plan d’action de sa politique familiale.
3- Ouvrir une nouvelle structure collective
La création de nouveaux équipements collectifs est aussi à l’étude. Un premier projet, confié au CCAS, permettrait de développer un multi-accueil de 60 places : une halte-garderie, et une crèche en périodicité atypique (un ou deux jours par semaine). « Il y a une vraie demande de ce type de la part notamment des employés qui travaillent à temps partiel. » Le dossier de faisabilité technique et financière de cette structure est en cours. Le projet pourrait voir le jour dans les locaux rénovés de l’ancien restaurant municipal, en centre-ville.
4- Microcrèches : un nouveau concept
C’est le nouveau concept auquel la nouvelle municipalité croit beaucoup parce qu’il peut être facilement mis en oeuvre et à moindre coût, notamment dans le cadre de partenariat avec des entreprises ou les administrations. L’idée – qui pourrait voir le jour à l’horizon 2010-2011 – : rassembler trois assistantes maternelles dans un appartement ou une maison implantés au coeur d’une zone économique. « Un mode de garde facilitant l’accueil en horaires décalés », explique Geneviève Darrieussecq, évoquant le sort de « toutes ces femmes qui travaillent dans l’agroalimentaire et qui commencent à 4 heures du matin. Pour elles, et pour l’instant, c’est la débrouille. »
Évidemment sur les horaires, difficile aussi de satisfaire tout le monde. « Bien sûr que l’on oublie des personnes, je souhaiterais que l’on recense au mieux les besoins, ensuite on gère au mieux. Si l’on arrive à satisfaire 95 % de ces besoins atypiques, la mission sera remplie. » Et ce qui n’est pas rien car aujourd’hui, les parents ne crient plus dans le désert. Dans la jungle des modes de garde, ils sont accompagnés par le Relais d’assistantes maternelles qui centralise les besoins et les disponibilités. Un accueil, et une écoute qui permettent aussi de dénouer les tensions. « C’est aujourd’hui le RAM qui recueille les frustrations et les déceptions », explique Mme Tachon, la directrice de la crèche Barbe-d’Or qui garde en mémoire les « réactions verbales agressives des parents qui, après avoir visité la crèche, vu une structure qui peut faire envie, apprennent qu’il n’y a pas de place pour leurs enfants. »
Aujourd’hui, la crise est canalisée. Mais l’objectif n’est pas mince : en 2012, le droit opposable au mode de garde imposera une place pour un enfant. La route est longue encore… mais le train est lancé.
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« La galère, et une bonne dose de persévérance »
Pour les parents, la recherche d’un mode de garde est souvent un casse-tête. Ils nous racontent leur parcours.
Blandine Dubernat, maman de Marilou, 3 ans et Hugo, 9 ans. « Pour mon aîné, j’avais facilement trouvé une nounou. Mais surprise, en 2006, quand j’ai cherché une assistante maternelle pour ma deuxième, je n’ai trouvé personne. J’ai épuisé la liste, et aucune n’était disponible, pas même chez les indépendantes. Elles étaient toutes surbookées, c’était impressionnant.
Étant infirmière, j’ai alors demandé une place en crèche à Barbe-d’or, que j’ai obtenue. Mais je ne m’attendais pas à ce que ce soit si difficile de trouver une nounou… »
Elena Scherer, mère au foyer, maman de trois enfants, deux filles de 9 et 6,5 ans, un garçon de 2,5 ans. « Épouse de militaire, je suis mère au foyer, et comme je ne travaille pas, cela n’a pas été facile pour moi de trouver un mode de garde. Mais, j’ai reçu un très bon accueil à la crèche Barbe-d’or, où j’ai réussi à obtenir deux jours de garde hebdomadaire pour mon petit dernier.
C’est important pour moi, car mon aînée est handicapée. Cela n’a pas été simple, mais nous arrivons d’une grande ville, de Toulouse où l’on n’était pas mieux loti ! »
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