Tchat Sud Ouest
« Geneviève Darrieussecq, tête de liste « Forces Aquitaine » dans les Landes a répondu aux questions des internautes »
Sud Ouest du mardi 23 février 2010
Geneviève Darrieussecq en tchat pour Sud Ouest (photo Bats pascal)
Jeannot67 : Bonjour. Qu’est-ce qui différencie votre programme des autres candidats ?
Geneviève Darrieussecq : Il est heureux que l’on parle des mêmes sujets. Ce qui nous différencie, c’est vouloir faciliter la vie des gens sur les territoires et en même temps, avoir une ambition importante pour cette région, ambition européenne avec les régions limitrophes espagnoles.
Evelyne : Quel est le bilan de vos six ans de mandat au Conseil régional ?
D’abord, je n’étais pas dans l’exécutif qui décidait mais j’ai voulu faire une opposition constructive notamment proposer, par exemple, rendre les règlements plus concrets, plus souples, plus équitables, mais on n’est pas écouté car le jeu des partis prend le dessus, même si dans les couloirs, on vous dit après que vous aviez raison. J’ai porté des sujets sur l’aménagement des territoires qui me semblait insuffisant, d’importants sujets sur l’agriculture et notamment les ressources en eau, la forêt et l’insuffisance de l’intervention de la région pour la tempête : 21 millions d’euros sur trois ans !, un manque d’ambition avec absence de grandes politiques stratégiques.
Damien : Vous proposez de financer la rocade de Mont-de-Marsan, mais puisqu’ Henri Emmanuelli parle de 100 millions d’euros au total, la Région a-t-elle vraiment les moyens financiers de le faire ?
Ce qui est proposé, c’est de refaire un pacte aquitain avec les cinq départements pour les routes qui sont très structurantes et qui sont absentes actuellement sur le territoire. Alors dire que personne ne peut rien pour la rocade de Mont-de-Marsan, c’est très simplement laisser tomber la préfecture des Landes, son agglomération et ses habitants. C’est aussi ignorer l’évolution très forte que connaîtra le trafic de transit à l’ouverture de l’autoroute. Ce point noir nous plombe, plombe le développement économique de notre agglomération mais aussi celui de Saint-Sever et Hagetmau. La région intervient actuellement sur le traitement du rond-point de Saint Paul lès Dax et peut parfaitement intervenir avec le département des Landes sur le traitement du point noir de la rocade. Je souhaiterais même qu’il participe à une hauteur très significative par exemple de 50%.
Sophie : J’ai lu votre programme et suis assez intriguée par l’un de vos projets : « créer une technopole landaise à Dax et Mont-de-Marsan autour de Galiléo et des logiciels libres pour créer des emplois qualifiés ». Je n’ai jamais entendu parler de ça, pouvez-vous m’en dire plus ?
Eh bien oui, il y a sur notre territoire tous les ingrédients pour développer des zones d’activités technopolitaines novatrices autour de l’informatique et notamment de l’IUT, de l’Association Aquinetic et qui peut engendrer de très nombreux développements à partir de logiciels libres. Cela créerait de nouveaux emplois sur notre territoire, de hautes technicités. Ce dossier, je l’ai présenté à Alain Rousset, à Henri Emmanuelli et je crois qu’ils sont ouvert à son évolution . Sur Dax, le projet Galiléo, lui aussi intimement lié à l’informatique, est en stand-by, mais la volonté politique de pousser ces zones technopolitaines est le premier ingrédient pour qu’elles existent. La nôtre sera forte.
Julien : François Bayrou a annoncé que le Modem ne soutiendrait pas les listes UMP, allez vous suivre cette directive alors qu’à Mont-de-Marsan vous êtes soutenues par l’UMP ?
Notre liste s’intitule Forces Aquitaine et rassemble des personnes du mouvement démocrate et des personnes qui n’ont pas d’engagement politique et d’horizons divers. Nous nous sommes engagés autour d’un projet, nous souhaitons porter ce projet jusqu’au bout et le porter au premier et deuxième tour de cette élection. A Mont-de-Marsan, je travaille dans le même esprit avec des élus issus de l’UMP et d’autres de sensibilité de gauche autour d’un projet pour la ville. Notre projet pour la région va au-delà des étiquettes politiques mais est fait pour les Aquitains.
Sud Ouest : Même si vous espérez et estimez pouvoir les atteindre, qu’avez vous prévu dans le cas de figure où vous n’atteindriez pas les 10 % au premier tour ? Avec qui êtes-vous susceptible de passer une alliance ?
Je n’ai pas prévu ce cas de figure.
Victor : Concernant la LGV, votre tête de liste M. Lassalle manifeste à Bayonne contre et vous déclarez être pour. N’y a t’il pas un paradoxe ?
Jean Lassalle est favorable à la LGV, tout comme moi, mais simplement nous disons qu’elle ne doit pas se faire contre la population. La LGV est une infrastructure importante pour l’Aquitaine, importante aussi pour le développement des transports régionaux, TER à grande vitesse. Tous ceux qui sont opposés, par exemple Madame de Marco et Monsieur Mamère, qui préconisent qu’elle s’arrête à Bordeaux et qu’il n’y ait plus rien au Sud, ne sont pas très sympathiques pour la majeure partie de l’Aquitaine. Le problème reste la traversée du Pays basque et je crois que cette question ne doit pas être éludée et qu’une médiation intensive devra amener chacun à des positions constructives. Il est dommage que tout cela n’ait pas été fait en amont. Je rappellerai que les verts toulousains sont favorables à la LGV.
Alain : Vous avez souhaité vous présenter sous une étiquette « forces Aquitaine » qui semble rassembleuse, pourquoi ?
L’argument de dire par exemple que l’Aquitaine doit rester à gauche ou l’Aquitaine doit passer à droite n’a aucun sens pour moi. Et je reste persuadée que la politique peut être menée au niveau des territoires par des équipes pluralistes autour d’un projet fort, des équipes qui connaissent bien leur territoire et qui partagent la même ambition. Cette tendance à vouloir accaparer des pouvoirs pour un clan ou un autre clan ne sert pas forcément les habitants et au niveau d’élections territoriales, n’a pour moi pas de sens.
Arnaud : Comment expliquez-vous la singularité du Modem Aquitaine, qui est « à droite toute » ?
Pour moi, cette question n’a aucun rapport avec les élections régionales. Deuxièmement, donnez-moi des exemples. Je sais que le Parti socialiste landais ne voit pas d’un très bon oeil mon implantation locale et souhaite rester dans ce registre. Je redis que je travaille avec des personnes de sensibilités différentes avec bonheur, dans ma ville et au niveau de la Communauté d’agglomération.
Damien : Si Monsieur Tauzin vient vous voir au second tour pour vous proposer une alliance, que répondrez-vous ?
Notre liste Forces Aquitaine se maintiendra au second tour autour du projet qu’elle porte.
Henri : Je suis agriculteur et j’ai entendu dire que monsieur Lassalle proposait de nouvelles mesures pour l’agriculture. De quoi s’agit il ?
L’agriculture est un domaine économique important dans notre territoire et un plan d’orientation et de développement agricole jusqu’en 2030 nous semble nécessaire. Nous travaillerons à l’excellence des filières, nous aiderons directement les filières en détresse (lait, fruits et légumes), nous serons volontaristes pour créer des retenues d’eau, l’irrigation raisonnée devenant un véritable problème pour les agriculteurs avec la mise en place des lois sur l’eau. Nous souhaitons créer un « circuit » aquitain pour produire aquitain et manger aquitain.
Sylvie : Les Landes semblent le parent pauvre de la région Aquitaine dans bien des domaines : infrastructures, zones commerciales, nombre d’étudiants, implantation des grandes entreprises… comment pensez-vous rééquilibrer les choses ?
La région Aquitaine en effet a péché dans l’aménagement du territoire, alors que c’est une de ses missions premières. Les infrastructures routières sont en voie d’évolution mais accusent un grand retard. L’enseignement secondaire est présent à Mont-de-Marsan et devra être développé. Nous n’avons pas de couverture haut débit sur tout le territoire. Nous courons le risque de l’écran noir en 2011 par absence de couverture à 50% par la TNT. Donc oui, nous serons volontaristes dans l’aménagement de tous les territoires aquitains qui ont été oubliés.
Victor : Ne trouvez vous pas démagogique de parler d’Expo Universelle à Bordeaux et de Jeux Olympiques dans les Pyrénées ? N’y a t’il pas des projets plus utiles à réaliser ?
Une Exposition universelle ou des Jeux olympiques dans les Pyrénées sont avant tout l’assurance d’emplois pour créer les infrastructures, d’emplois dans le tourisme, d’emplois dans le développement des travaux publics. C’est bien sûr mettre en avant une capitale européenne, Bordeaux, et notre massif montagneux. C’est un booster pour la région Aquitaine. Il faut être à la fois proche des territoires et ambitieux pour sa région.
J-François : Quelle analyse faites vous du désamour des citoyens pour les politiques en général (faible engouement, doutes, etc..) qui va de pair avec les medias ?
Parce que le discours n’est pas forcément intéressant, les propos de plus en plus agressifs, l’invective de règle, et au fond, les citoyens ne comprennent pas où les politiques veulent en venir et ont le sentiment qu’ils ne les écoutent pas. Dans cette campagne régionale, je note un désintérêt inquiétant pour cette élection qui touche pourtant la vie quotidienne des gens, le travail, les déplacements, les jeunes… Nous avons trois semaines pour les intéresser, j’aimerais que nous y arrivions car l’abstention est la pire des choses.
Hervé : J’habite à la campagne et j’ai l’impression que la Région Aquitaine nous a oublié pour le haut débit. Que proposez vous ? Et demain ce sera idem pour la TNT ! Vous pourriez dire à Monsieur Rousset qu’il n’y a pas que Bordeaux ?
Je lui ai dit très régulièrement pendant mon mandat, et à deux ou trois reprises d’ailleurs, Jean Louis Carrère a même fait quelques allusions dans le même sens, donc j’en déduis qu’il faisait le même constat. Oui les zones rurales sont oubliées dans le développement du haut débit et la couverture TNT. Je propose de mettre en place un plan numérique aquitain ambitieux avec pour objectif urgent l’accès au haut débit pour tous et progressivement accès au très haut débit. Cela n’était pas jusque là une préoccupation et le budget des Technologies de l’information et de la communication a même baissé en 2010. Dans toutes ces politiques structurantes, la Région doit être un leader et pas un suiveur.
Philippe : Je suis au chômage, que proposez vous ?
Une mesure d’urgence sera mise en place immédiatement avec l’aide à la création de deux nouveaux emplois pour toute entreprise à destination des chômeurs et des jeunes à la recherche d’un premier emploi. L’objectif est de créer 10 000 emplois rapidement.
Sud Ouest : Vous vous êtes toujours positionnée contre le cumul des mandats. Déjà maire et présidente de la CAM, abandonnerez-vous un mandat si vous êtes réélue à la Région et si oui, lequel ?
J’étais jusque là conseillère régionale depuis 2004. C’est un mandat territorial en parfaite complémentarité avec le mandat de maire. Rien à voir avec le cumul de mandat qui amènerait à être à Paris la moitié de la semaine, par exemple M. Rousset, député et président du Conseil régional, ou même M. Darcos, conseiller régional et ministre. Je continuerais à porter la voix de mon territoire et des Landes à la Région.
Alexis : Quels sont vos projets, idées, pour faire de l’Aquitaine une région davantage tournée vers le développement durable ?
La Région doit être leader dans ce domaine et nous proposons de développer un grand plan des énergies propres portant sur toutes les énergies renouvelables, la voiture propre, plan qui pourrait être développé avec des régions espagnoles par exemple la Navarre, leader européen dans les énergies renouvelables. Nous accusons un retard certain par manque d’ambition stratégique globale. Les interventions n’ont été jusqu’ici réalisées que par petites touches sympathiques mais insuffisantes. Par ailleurs, nous souhaitons développer une filière construction bois allant de la formation (formation, recherche, groupement d’employeurs, incitation à construire) à une filière construction économie d’énergie.
Nathalie : Vous savez combien le thermalisme est important à Dax. On a le sentiment que les pouvoirs publics veulent nous abandonner. Pouvez vous me dire votre ambition sur ce sujet ?
Impulser la recherche, intervenir massivement dans la modernisation des infrastructures et faire un travail prospectif pour une évolution possible de cette activité vers de nouvelles orientations liées à la santé et au bien-être.
Annie : Rousset n’a rien dit pour nos fêtes et la fermeture à 3 heures. Pourtant il s’agit de nos traditions que je sache ! Vous pouvez prendre un engagement sur la non fermeture ?
Alain Rousset, c’est normal. Quoique la région aide au financement des bus en fêtes. Pour le reste, je me suis clairement prononcée contre la fermeture à 3 heures et je poursuivrai les démarches pour faire entendre ma voix. Je n’ai par contre pas entendu beaucoup d’élus landais se positionner sur ce sujet.
Pierre : Le débat sur la LGV a déjà eu lieu et toute la population aquitaine a eu la possibilité d’y participer (vous y compris). Pourquoi prendre maintenant des positions floues, démago et manquant de courage politique ?
Je suis clairement favorable à la LGV donc pas de position floue, ni démago.
Marie : Les candidats du PS sont dans l’autosatisfaction permanente. J’habite Mont-de-Marsan et nous ne voyons pas beaucoup d’investissements et d’aides de la région dans les Landes : TER vétustes, dégâts de la tempête, rocade de Mont-de-Marsan, développement durable, etc. Qu’en pensez-vous ?
Les TER ont été renouvelés et un essai de cadencement a commencé. Celui-ci aura du mal à se poursuivre car il manque de sillons libres pour faire circuler les trains. C’est une des raisons pour laquelle la LGV est importante. Pour le reste, peu d’investissements à Mont-de-Marsan, certainement aussi parce que les projets n’étaient pas là. Mais nos gros projets de développement arrivent. La Région devra être présente.
Jeanne : Plusieurs projets portent sur l’implantation de zones commerciales en Aquitaine et notamment à Mont-de-Marsan. Quel est votre avis et où en sont ces projets ?
Certains de ces projets sont portés par des promoteurs privés, d’autres sont fortement portés par les collectivités par exemple Atlantisud. L’important est de donner une offre commerciale suffisante complémentaire, mais certainement pas pénalisante pour le petit commerce et l’artisanat. Nous proposons d’ailleurs des mesures d’aide pour les commerces de proximité, car l’avenir commercial est là : trouver près de chez soi le maximum de choses à des prix compétitifs.
Lucien : Hagetmau est en train de crever. Le pôle emploi ne sert a rien, on n’a plus aucune perspective. Que faire ?
Je suis très inquiète par la situation d’Hagetmau ou du tissu industriel d’Hagetmau. Un plan d’urgence de sauvegarde et de réorientation de ces activités industrielles devrait exister depuis longtemps. Il est impératif de développer sur le terrain une formation professionnelle adaptée, par exemple vers des nouveaux métiers, dans la construction bois ou dans les énergies renouvelables et de prospecter l’installation d’entreprises dans ces domaines.
Christophe : J’habite Biscarosse et on a le sentiment d’être oublié par la Région depuis des années. Que proposez vous pour notre littoral et le tourisme ?
Avec seulement 20 millions d’euros dans le budget 2010, la Région montre qu’elle n’est pas volontariste. Le tourisme n’est pas une activité annexe mais une véritable industrie économique. Formation, rénovation, diversification et création d’infrastructures touristiques sont essentielles. L’accès aux stations touristiques est le gros point noir de notre littoral, par exemple Biscarosse et Mimizan. Une attention particulière doit être portée sur le travail saisonnier et il existe un projet de plateforme de l’emploi saisonnier qui doit être développé.
Henri : Vous êtes une des rares femmes aux affaires en Aquitaine et tête de liste, est-ce selon vous un atout pour cette campagne ?
Je ne sais pas si c’est un atout, en tous les cas, je ne serai jamais un homme politique !
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FELICITATION MME LE MAIRE
VOS REPONSES SONT CLAIRES ET PRECISES
FORCES AQUITAINE VA GAGNER