Juil 11, 2012 in Aquitaine, Général, Landes, Mont-de-Marsan

COMMUNIQUÉ DE PRESSE
“Se mobiliser pour sauver GPSO“

C’est avec une grande inquiétude que j’ai pris connaissance aujourd’hui des déclarations du ministre délégué au Budget, Jérôme Cahuzac, remettant en cause de façon explicite les projets ferroviaires LGV inscrits au Schéma national des infrastructures de transports (Snit), et implicitement les projets Bordeaux / Espagne et Bordeaux / Toulouse.

A mon sens, deux chantiers prioritaires doivent être absolument menés dans ce pays pour le préparer aux défis de demain et permettre un développement harmonieux des territoires. A savoir le déploiement du Très Haut Débit, sur lequel la France a déjà pris un retard considérable, et le développement de lignes ferroviaires à grande vitesse. Ce dernier enjeu répond à trois exigences majeures : 

• Désenclaver les territoires et permettre ainsi leur développement socio-économique ; 
• Proposer une vraie alternative au tout-voiture et à ses conséquences néfastes sur l’environnement, en réduisant les temps de déplacement entre les  territoires, et, par là même, en rendant possible un autre modèle de vie que la concentration humaine dans les grandes villes avec tous les problèmes qu’elle entraîne ;
• Permettre enfin une nouvelle orientation du transport de marchandises dont l’avenir passe par le ferroutage. S’agissant plus particulièrement de GPSO, on sait que c’est précisément la création d’une ligne nouvelle LGV qui rendra crédible le fret ferroviaire, qui se situe à ce jour à un niveau ridicule. Veut-on continuer à développer le trafic de poids lourds sur l’A63, aujourd’hui proche des 15.000 véhicules / jour, avec toutes ses impacts pernicieux en termes de sécurité, de pollution et d’entretien dispendieux des réseaux routiers ?

Il est par ailleurs navrant de voir que le Gouvernement envisage de réduire ses investissements plutôt que ses dépenses de fonctionnement pour réduire son train de vie et se donner des marges de manœuvre financières. Cette vision à court terme, rendue possible par l’absence d’un vrai débat sur ces questions pendant la campagne présidentielle, augure mal de l’avenir du pays, et ne peut qu’inquiéter sur sa capacité à rebondir.

Il est également regrettable qu’un projet tel que Bordeaux / Espagne puisse aujourd’hui être remis en cause alors que toutes les études montrent qu’il sera un des plus rentables, et que, de surcroît, il est fortement appuyé par l’Union Européenne. 
Je rappelle en effet que la Commission Européenne a réaffirmé le 19 octobre 2011 que le corridor Atlantique est à ses yeux une priorité, et qu’elle est susceptible de financer à 40% sa portion internationale, à savoir Espagne / Dax. 
Je rappelle enfin que cette remise en cause potentielle serait à la fois une énorme gabégie compte tenu des investissements colossaux déjà faits en Espagne ces dernières années pour se raccorder au réseau européen via GPSO, qui plus est en grande partie avec des fonds européens, et un extraordinaire message de dépit pour nos partenaires espagnols qui continuent, malgré une situation financière autrement plus défavorable et grâce notamment au volontarisme de la province du Gipuzkoa, à exécuter les travaux de raccordement du fameux “Y basque“.

Je demande solennellement au gouvernement de préciser au plus vite ses réflexions, de prendre toute la mesure de ces enjeux, et de ne pas compromettre l’avenir par des vues court-termistes.

Je demande également à tous les parlementaires d’Aquitaine et à l’ensemble des élus représentants des collectivités contributrices de GPSO, d’aller au-delà de leurs différences et de leurs divergences, et de se mobiliser en masse pour que ce projet aboutisse. Aujourd’hui, il ne s’agit plus de tergiverser et de négocier telle ou telle contrepartie, mais bien de sauver GPSO ! 

Geneviève Darrieussecq
Conseillère régionale d’Aquitaine
Présidente du Marsan Agglomération

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