Quelle région veut-on ?
Dans une tribune libre du journal Sud Ouest, Dominique Bussereau, secrétaire d’état aux transports et président du conseil général de Charente Maritime, soutient le projet d’une grande région Sud Ouest regroupant Aquitaine et Poitou-Charentes.
Ses arguments « d’échelle pertinente territoriale » pour impulser développement économique, partenariats universitaire et technologique, et formation d’une grande région tournée vers l’international peuvent tout à fait se transposer à une fusion de n’importe quelles autres régions.
Mais dans les faits, ces partenariats existent déjà et se développent particulièrement entre les régions Aquitaine et Midi-Pyrénées depuis plusieurs années. Cela s’est fait naturellement, ces deux régions ayant historiquement une racine territoriale commune, la Gascogne, et une racine linguistique commune la langue d’oc.
Géographiquement, quatre des cinq départements d‘Aquitaine (Dordogne, Lot et Garonne, Landes et Pyrénées Atlantiques) sont limitrophes de quatre départements de Midi-Pyrénées et chaque région possède une importante zone frontalière avec l’Espagne. Les perspectives d’augmentation des échanges avec ce pays sont multipliées. Elles existent avec Euskadi et la Navarre, et la réalisation d’un axe transpyrénéen avec l’Aragon permettrait d’accroître ces échanges.
Economiquement, Aquitaine et Midi-Pyrénées sont intimement liées par les activités industrielles aéronautiques solidement implantées dans les deux régions, générant des échanges permanents au sein d’Aerospace Valley, premier pôle aéronautique et spatial européen.
D’autres partenariats se sont créés notamment dans le domaine de la santé avec le Cancéropôle Grand Ouest pôle de recherche en réseau.
Les échanges universitaires entre Bordeaux et Toulouse sont constants et en continuel développement.
Les secteurs agricoles sont fortement développés dans ces deux régions et ont généré des groupements par exemple dans le domaine des fruits et légumes avec le Bassin Grand Sud Ouest (BGSO) soutenu par les deux conseils régionaux.
Dans le cadre actuel de nos régions, rien donc n’empêche de créer des synergies ou des pôles interrégionaux, ce qu’ont su faire Aquitaine et Midi-Pyrénées pour avancer ensemble dans de grands projets comme le montrent les exemples précédemment cités.
L’échelle des régions actuelles permet d’allier politiques au plus près de chaque territoire et politiques de grands projets pour l’ensemble du territoire régional. La crainte d’une échelle régionale plus vaste restera toujours celle d’une administration territoriale encore plus éloignée des citoyens.
Dans le débat actuel de la modernisation de nos institutions, l’opportunité de créer des « super régions » administratives est évoqué par certains mais est-il judicieux de créer une nouvelle échelle alors que les Français ne se sont pas appropriés complètement l’échelle régionale actuelle encore jeune. Combien d’Aquitains méconnaissent encore leur Conseil régional !
Enfin, quand bien même l’intérêt majeur du pays serait de fusionner des régions, il me semble qu’il y aurait plus de pertinence dans une région « Grand Sud Ouest » entre Aquitaine et Midi-Pyrénées qui traitent déjà tant de dossiers en commun, que dans celle envisagée par Dominique Bussereau entre Aquitaine et Poitou-Charentes.
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Vous avez entièrement raison et s’il devait y avoir fusion, il serait bon qu’une consultation des habitants des régions soit entreprise.
Ce n’est surement pas à Monsieur Bussereau, président du conseil général de Charente Maritime, ni à Monsieur Raffarin de vouloir faire main basse sur notre région dans une fusion Aquitaine Poitou-Charentes.
Le seul Grand Sud-ouest envisageable ne peut-être que la fusion Aquitaine, Midi-Pyrénées.