« Quand la ville réinvente le chauffage à l’eau chaude »
GÉOTHERMIE. La mairie a saisi le dossier pour en faire un projet de « croissance verte »
« Quand la ville réinvente le chauffage à l’eau chaude »
Journal Sud Ouest du 3 mars 2009
La mairie a déposé une demande pour exploiter les deux puits de Sainte-Anne (notre photo) et Maridor. (Photo archives Pascal bats)
La municipalité montoise a décidé de miser à fond sur la géothermie, thème qui avait défrayé la chronique lors des élections de mars 2008. À l’époque plutôt moquée par son équipe, l’idée est aujourd’hui reprise très sérieusement par Geneviève Darrieussecq, « pour son intérêt social, économique et environnemental, souligne Mme le maire. C’est dans l’air du temps, ou même » l’eau du temps » pour ce sujet, mais c’est aussi un vrai service utile au développement de la ville, aux hommes, protecteur de la nature et de plus créateur d’emploi. »
Mais pas question de créer une Aquasphère, avec thermes, serres, pisciculture et jardin d’agrément, comme l’avait suggéré le maire sortant Philippe Labeyrie lors de la campagne électorale 2008. Seul le côté utilitaire a été retenu, puisque la municipalité compte sur cette eau chaude pour… chauffer des bâtiments.
250 m3 à l’heure
« Exploitée depuis 30 ans, cette ressource (eau chaude à 60°C) donne jusqu’à 250 m3 à l’heure, » explique Thierry Socodiabéhère. Depuis un an, l’adjoint chargé de l’environnement et du développement durable a étudié le dossier à fond. « Nous avons été élus le 16 mars 2008, se souvient-il. Le 19, nous recevions un courrier de la préfecture nous demandant si la demande de dépôt d’un permis d’exploitation était maintenue. Mais avant de répondre, nous avons repris tout l’historique » (lire ci-contre). Et les contraintes sont fortes, car le code minier impose – si la géothermie n’est pas valorisée – de réinjecter l’eau dans la nappe.
« Creuser un puits de réinjection coûterait 5 à 6 millions d’euros hors taxes, explique M. Socodiabéhère, sans être sûr qu’il n’y ait pas de rejet géologique. Quant à refermer un puits non exploité, obligation légale, cela revient au bas mot à 2 millions d’euros. »
Autant d’encouragements pour utiliser cette eau chaude à bon escient, car les besoins sont importants. En plus des clients actuels, le projet ANRU du quartier nord (Peyrouat) va construire 351 nouveaux logements, qu’il faudra bien chauffer, une nouvelle école, le futur centre commercial et le complexe sportif de l’Argenté. La ville a également proposé ce mode de chauffage pour le futur pôle judiciaire, alors que le préfet des Landes a fait une demande de raccordement des bâtiments abritant les services de l’État : préfecture, DDJS, Service départemental d’architecture et du patrimoine. Ce qui permettrait de faire bénéficier de la géothermie les foyers Jeanne-Mauléon et Yvonne-Isidore, les lycée et collège Victor-Duruy, et peut-être les bâtiments actuels ou futurs du Conseil général des Landes.
Enfin, la Ville a été contactée par la gendarmerie, pour réactiver le second puits à l’intention des 411 logements et locaux administratifs du quartier Maridor, dont la rénovation est envisagée pour 2010. Ce qui permettrait d’y raccorder le groupe scolaire du Carboué, le Centre départemental de l’enfance et le Centre d’entraînement du basket.
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De l’eau pompée à 60°C
Dans les années 60, deux puits, l’un au quartier Sainte-Anne (dit GMM1), l’autre à Maridor (GMM2), avaient été creusés pour chercher du pétrole. Mais on y avait t rouvé, à 1 850 mètres de profondeur, un gisement d’eau chaude, exploité de 1976 à 2005 par la société Cogetec pour l’hôpital Sainte-Anne, la BA 118 et la résidence Hélène-Boucher (société SNI). Depuis, il a été repris en mains par la mairie, lorsque le contrat de 30 ans arriva à son terme. Un service géothermie a alors été créé à la Régie municipale des eaux, et le Conseil municipal a demandé un permis d’exploitation à la préfecture. Dans un premier temps, le second puits avait été arrêté, l’exploitation du premier étant suspendue entre juin et septembre parce que les rejets de cette eau dans la nature après utilisation étaient supérieurs à 30°C, ce qui est interdit. Désormais, la réouverture est suspendue à l’autorisation préfectorale.
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Au moins 18 mois avant le permis
Le conseil municipal a déposé en décembre 2008 une demande de permis d’exploitation à la préfecture des Landes, et a créé en janvier un comité de pilotage de la géothermie comprenant de nombreuses personnalités et instituts comme préfet, Conseil général, Conseil régional, Drire, DDEAF, mairie, services techniques, Régie des eaux, etc.
On ne sait pas quand cela aboutira, car il faut au moins 18 mois pour avoir le permis.
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