« Peyrouat : sept autres bâtiments vont tomber »
Le chantier de déconstruction va singulièrement s’accélérer au printemps. Des riverains de la future crèche se plaignent déjà de son mur de 4,5 m presque dans leurs jardins
« Peyrouat : sept autres bâtiments vont tomber »
Article Sud Ouest du 25 février – par Jean-François Renaut
Le Peyrouat tel qu’on ne le verra plus dans quelques mois. photo nicolas le lièvre
Après avoir beaucoup traîné, les travaux de rénovation du quartier du Peyrouat vont rentrer dans une phase autrement plus active. C’est en gros le message que Geneviève Darrieussecq est venue faire passer mercredi soir aux habitants du quartier.
Pour cette réunion publique à la salle Georges-Brassens, ils étaient une bonne cinquantaine. Face à eux, un représentant de l’Office public HLM, en l’occurrence son directeur des services techniques, Frédéric Halm.
C’est une nouveauté de voir l’OPHLM siéger avec les élus et techniciens de la mairie. Jusqu’alors, les relations entre les uns et les autres étaient plutôt fraîches, voire tendues. Une tension qui explique aussi le temps perdu.
Alors donc, tout va s’accélérer à partir du printemps avec la déconstruction de sept bâtiments pour un coût de 872 000 euros.
165 logements démolis
Seront concernés, dans l’ordre, la tour P4 et le bâtiment B6 (démarrage des travaux mi-avril), la tour P5 (mi-mai), la P1 (début juin), la P6, les B6 et 13 (début juillet).
Cela représente 165 logements qui seront démolis durant les huit mois à venir. Une vingtaine de familles y vivent encore en attendant un relogement.
L’abattage, qui se fera à l’aide d’une pelle mécanique équipée d’une pince béton, sera précédé d’une déconstruction avec tri sélectif des déchets – au total 20 800 tonnes qui devront être évacuées dont 400 tonnes de PVC, bois et métaux, l’immense majorité étant des déchets industriels.
Évidemment, l’entreprise chargée du boulot tentera d’éviter aux habitants du quartier le ma- ximum de nuisances. Contre le bruit, les engins fonctionneront à capot fermé. Un système de bru- misateur servira à limiter l’émis- sion de poussière. Des écrans se- ront tendus devant les écoles afin que les enfants ne passent pas leur temps à regarder par les fenêtres.
25 % de social
Les architectes, le Bordelais Matthieu de Boussac et le Parisien Christoph Denerier, étaient présents également. Ils ont évoqué l’ave- nir, décrit ce que sera ce quartier quand pelleteuses et toupies seront parties.
Pour faire simple, le Peyrouat de demain sera un écoquartier fort de 450 logements, répartis sur 17,5 hectares (14 plus 3 achetés au Conseil général du côté de la rue Pierre-Benoît). Le logement social représentera 25 %.
Michel Larrat, ancien conseiller municipal communiste et habitant la résidence Hélène-Boucher voisine, estime que c’est peu compte tenu du retard de la ville par rapport aux préconisations de la loi SRU. C’est également l’avis de Danièle Saint-Marc, présidente de la Confédération nationale du logement dans les Landes.
Michel fait également une suggestion : utiliser au maximum la géothermie pour chauffer le quartier.
Une idée qu’ont déjà retenue les services. « La Régie des eaux travaille dessus », livre Geneviève Darrieussecq, qui pointe une difficulté : le coût prohibitif de la construction d’un puits de réinjection des eaux chaudes après usage.
« Les besoins énergétiques des nouveaux logements seront considérablement réduits », promet un des architectes. Ce qui ne veut pas dire qu’il faille se passer de la géothermie.
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