« L’urgence de la crèche »
PETITE ENFANCE. La démolition de la première tour du Peyrouat, qui débute aujourd’hui, sera aussi le coup d’envoi du déménagement de la crèche Câlin-Câline
Article paru dans le journal Sud-Ouest du 24-09-08, écrit par Laure Ferbos
L’urgence de la crèche
La destruction de la première tour du Peyrouat, qui débute aujourd’hui, lance la rénovation du quartier nord. Elle est aussi concomitante d’un symbole plus sympathique : le déplacement, et l’agrandissement, de la crèche associative Câlin-Câline. Qui en plus de nouveaux locaux, sera étendue à 60 places.
Et si l’on en croit le conseil d’administration de la Caf sur les carences du système d’accueil collectif pour les 0-3 ans sur l’agglomération montoise, cette extension ne sera pas du luxe.
Urgentissime.
Mais là encore, la nouvelle municipalité a revu la copie de ses prédécesseurs sur le sujet. « Un emplacement particulier était prévu pour la nouvelle crèche, à l’entrée du nouveau quartier », commente le maire, Geneviève Darrieussecq.
Seul hic : la réalisation de cette infrastructure collective bénéficie d’importants subventionnements de la Caisse d’allocations familiales des Landes dans le cadre de sa politique en faveur de la petite enfance. Sauf que pour obtenir ces crédits providentiels, le projet doit respecter un certain calendrier et utiliser les fonds dans le délai prévu.
En clair, « il faut que le projet démarre avant l’été 2009 ». « Un calendrier que nous avons découvert à notre arrivée, alertés par les services de la Caf », regrette madame le maire. « Il est donc de notre responsabilité de réaliser cette crèche assez vite pour ne pas perdre les subventionnements », poursuit-elle.
C’est là que l’affaire se complique : l’emplacement prévu dans le projet initial élaboré par l’ancienne municipalité, ne sera pas accessible à cette date butoir : « il est situé en effet au bord d’une voie qui n’existera pas encore ».
Un autre emplacement.
Un détail gênant sans être rédhibitoire non plus : « Nous avons la latitude de modifier le projet, qui n’est pas rigide. » Ainsi la mairie réfléchit-elle à un nouvel emplacement, tandis que les études foncières sont en cours. « Ce délai nous booste un peu mais le symbole est joli : le projet de rénovation du quartier commencera ainsi par la construction de la nouvelle crèche, qui devient forcément prioritaire. »
Un symbole qui parle en tout cas au maire de la Ville, qui a élevé quatre enfants. « Il y a sur Mont-de-Marsan un manque criant de garde collective, et il faut faire quelque chose en effet. Si 51 % des familles sur l’agglomération souhaitent un mode d’accueil collectif, 17 % seulement trouvent une place. »
Dynamiser la politique familiale.
L’extension-rénovation de Câlin-Câline sera ainsi la première pierre à la politique familiale et sociale que la nouvelle municipalité veut bâtir. À plus long terme, Madame le maire souhaite en effet encourager la mise en place de micro-crèches sur l’agglomération. « Nous allons nous plonger dans le dossier », explique-t-elle. Le principe ? « Des petites structures faciles à mettre en place et au fonctionnement souple. C’est d’ailleurs ce que l’on demande par rapport aux structures plus importantes et plus figées : il s’agit de coller à la demande. »
Au départ, Mont-de-Marsan pourrait accueillir « deux ou trois micro-crèches pour commencer » dans des locaux « qui appartiendraient à la mairie, ou dans une habitation privée et où se réuniraient quelques assistantes maternelles. Cela pourrait se faire sous l’égide du CCAS. Mais rien n’empêche qu’une structure associative s’investisse aussi. On peut tout imaginer, l’essentiel, c’est que ça marche. Parce qu’à l’heure actuelle, compte tenu des conditions d’emploi et de rémunération, il faut bien que les deux parents travaillent pour arriver à vivre correctement. Et c’est du devoir des collectivités de donner la possibilité aux femmes de travailler si elles le souhaitent ».
Mais ce n’est peut-être pas tout : la municipalité prévoit en effet d’accentuer sa politique familiale, depuis « la petite enfance, jusqu’aux personnes âgées, en passant par le public défavorisé. Sur ce dernier volet, on n’avait pas évolué du bureau de l’aide sociale d’il y a trente ans », estime Geneviève Darrieussecq.
« Il faut que l’on se donne les moyens d’une politique sociale ambitieuse et qui soit réellement efficace ». Pour accomplir cette mission, Geneviève Darrieussecq s’appuiera sur le nouveau directeur du Centre communal d’action Sociale, Raphaël Legendre. « Je compte sur lui pour mettre en place une politique sociale innovante, dynamique. Évidemment ce ne sera pas pour demain. » Mais peut-être pour après-demain ?
Auteur : Aude Ferbos
Si vous avez apprécié cet article, s'il vous plait, prenez le temps de laisser un commentaire ou de souscrire au flux afin de recevoir les futurs articles directement dans votre lecteur de flux.


Commentaires
Pas encore de commentaire.
Laisser un commentaire