Les poubelles ouvrent l’appétit des restaurants
BON À SAVOIR, DÉCHETS. La mise en place par la municipalité de conteneurs réservés aux restaurateurs satisfait les bénéficiaires et suscite des envies du côté de ceux qui en sont dépourvus
» Les poubelles ouvrent l’appétit des restaurants «
Le patron de l’Encas fait partie des premiers bénéficiaires de conteneurs de la Ville. Fermés à clés, ces équipements sont prêtés gratuitement par la municipalité aux restaurateurs. (photo pascal bats)
«Plus une affaire marche, plus elle a de poubelles », lance Zehir Jonahi. Au vu « des 200 à 300 kilos » de déchets ménagers que produit chaque semaine son snack, Le Ryad, situé à quelques mètres de la place Saint-Roch, les sandwiches de ce commerçant se vendent comme des petits pains. Une bonne chose pour son porte-monnaie, une moins bonne pour les trottoirs. Car Zehir Jonahi n’a pas d’autre choix que celui de Monsieur et Madame Tout-le-monde : « Je n’ai pas la place d’aménager un local poubelle. Donc, je sors mes détritus la veille du passage des éboueurs, comme les particuliers », explique-t-il. « Ce serait beaucoup plus simple si on avait, nous aussi, des conteneurs », estime-t-il, faisant référence aux équipements que la municipalité vient de mettre à la disposition de quelques restaurateurs, rue Lacataye, rue des Jardins et sur le parking Dulamon. « Vivement qu’on en installe à Saint-Roch », tranche Zehir Jonahi.
« Plus propre »
Du côté des premiers bénéficiaires de cette mesure, on se frotte les mains. C’est le cas de Dusty Périssé, patron du restaurant de la rue Molière La Bodeguita. « C’est une bonne chose car cela permet de rendre les rues plus propres », juge-t-il. Notamment la petite impasse Molière qui ressemblait jusqu’à récemment à un véritable dépotoir. Pour cause, le lieu était le seul dans le secteur à être doté d’un vide-ordures. La plupart des établissements des alentours y déposaient donc leurs détritus, au dam des riverains.
Désormais, les poubelles sont jetées rue Lacataye ou sur le parking Dulamon dans des conteneurs spécialement dévolus à cet effet et fermés à clés. « Chaque restaurant a son propre bac pour lequel la Ville nous a fait signer une convention de prêt », raconte Dusty Périssé, qui se débarrasse en moyenne de 6 à 7 kg par jour de déchets ménagers. Source de succès supplémentaire de la mesure : la mise à disposition de ces conteneurs – en attendant l’installation d’équipements enterrés, prévue pour 2010 – est gratuite. De quoi satisfaire les professionnels qui jouent donc le jeu sans problème. Mais de quoi également ouvrir l’appétit de ceux qui en sont dépourvus.
Source de conflits
C’est le cas par exemple des restaurateurs de la place Pancaut où rien n’est aménagé. Un manque que Nhu Thuong a signalé dès l’ouverture de son affaire, le Hong Xing, en 2002. « Il m’a alors été répondu que je devais me débrouiller. Ce que j’ai fait en achetant mon propre matériel, à près de 200 euros, et en arrangeant un local dans mon établissement », relate le chef cuisinier. Des précautions qui ont toutefois valu au commerçant plusieurs conflits avec son voisinage. « Certains jetaient leurs ordures dans mon bac et m’engueulaient ensuite parce qu’il y avait trop de détritus. C’était du grand n’importe quoi », se souvient-il. Au point qu’un jour, une main mal intentionnée a même mis le feu aux déchets. Preuve que le sujet n’est pas si anodin qu’il n’en a l’air. Et Nhu Thuong de penser qu’« il serait bien que la place Pancaut ne soit pas oubliée ».
C’est dire si les conteneurs de la Ville ont la cote. Il n’empêche qu’ils ne résolvent pas un problème bien plus important : celui du tri. S’ils assurent trier le verre, la plupart des restaurateurs avouent ne pas séparer des déchets ménagers le carton, le plastique, etc. Bref, beaucoup de matériaux recyclables. Alors, d’accord, la propreté des trottoirs, c’est bien. Mais les efforts pour respecter l’environnement, c’est encore mieux !
Toujours en centre-ville, la mairie va installer dans les prochaines semaines deux conteneurs doubles et deux simples qu’elle a acquis comme les autres auprès de la société nancéenne Birh environnement, pour un coût total de 40 000 euros TTC. En 2010, l’opération propreté urbaine va se poursuivre avec l’implantation de conteneurs enterrés.
Si vous avez apprécié cet article, s'il vous plait, prenez le temps de laisser un commentaire ou de souscrire au flux afin de recevoir les futurs articles directement dans votre lecteur de flux.

Commentaires
Pas encore de commentaire.
Laisser un commentaire