Nov 7, 2008 in Général, Lu dans la presse, Politique, Société

« Les Conseils municipaux du Sud-Ouest se sont ouverts en 2008 »
Article Sud-Ouest du 07/11/08

Les scrutins de liste comme les élections municipales ou régionales ont favorisé aussi bien la féminisation que l’accès des candidats de la diversité dans les collectivités locales.

Le scrutin uninominal, aux législatives comme aux cantonales, a conduit la Région à ne pas compter de conseillers généraux ou de députés issus de la diversité.

La Région Aquitaine, la mieux placée, en compte deux, élus socialistes, Naïma Charaï (lire ci-contre) et Abdi El Kandoussi. En Poitou-Charentes, Madeleine Ngombet et, en Midi-Pyrénées, Fatima Benmhedi, toutes deux élues PS, sont les seules représentantes de la diversité.

Les élections municipales de mars 2008 ont été l’occasion d’ouvrir un peu les vannes. D’abord parce qu’il s’agissait de scrutins de liste, ensuite parce que l’exemple des législatives de 2007 avait été trop désastreux et que la composition du gouvernement de Nicolas Sarkozy avait aiguillonné la gauche comme la droite.

Plus propice.

À Mont-de-Marsan, Geneviève Darrieussecq, maire Modem nouvellement élue, a ainsi deux conseillers municipaux d’origine maghrébine. Akia Lafont, aide-soignante née au Maroc, ne veut pas se sentir intégrée : « Je suis française, j’ai appris le français à l’école, à Noisy-le-Sec. » Pour elle, la victoire de Barack Obama, « c’est génial ». Pendant la campagne, elle a néanmoins entendu des réflexions désagréables du genre : « S’ils sont allés chercher des immigrés, c’est qu’ils devaient manquer de candidats ! » Elle n’a adhéré à aucun parti politique, et Geneviève Darrieussecq ne lui a jamais demandé de le faire ; tout ce qu’elle souhaite, « c’est que le monde politique s’ouvre un peu ».

À Bordeaux, Paola Plantier est l’une des trois élues sur la liste d’Alain Juppé. « Je ne suis pas black, ni représentante des minorités visibles. Je suis femme et noire. » À 28 ans, cette Guadeloupéenne sait qu’« il reste encore beaucoup à faire », mais elle croit pouvoir affirmer que la période est plus propice à l’expression des minorités. « La population est prête. Les institutions commencent à oser. » Pour elle, une nouvelle façon de faire de la politique est en train d’émerger, et c’est dans ce cadre-là que le problème des minorités pourra se résoudre : « Il faut que la question de la couleur de la peau soit transparente. »

« Il ne faut pas voir les apparences. Il faut juger les compétences », ajoute Anissa Acharki, maire adjointe d’Angoulême. « Le message du maire était clair : faire une liste qui ressemble aux gens de la ville. Je suis née ici. Je suis jeune. J’ai des idées pour ma ville. C’est tout ce qui doit compter. La France est en retard par rapport à certains pays. Mais une nouvelle génération arrive. »

Faites suivre !

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