Jan 14, 2016 in Général

Le maire de Mont-de-Marsan, Geneviève Darrieussecq, présentera ses vœux ce mardi soir, à 18h30, à l’Auberge landaise. Avant ce rendez-vous, elle a accordé une interview de « rentrée » sur de nombreux sujets concernant la ville, l’Agglomération qu’elle préside et le Département, où elle siège comme première opposante.

« Les choses bougent, il y a de la diversité »

Article Sud-Ouest – publié le 13/01/2016 par Audrey Ludwig et Jean-François Renaut
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Geneviève Darrieussecq dans son bureau, lundi. © PASCAL BATS

La maire de Mont-de-Marsan et présidente de la communauté d’agglomération revient notamment sur le commerce du centre-ville et annonce aussi son envie de devenir députée.

« Sud Ouest ». Avez-vous des choses à ajouter sur le dossier des halles ?
Geneviève Darrieussecq. Nous présenterons le projet avec l’investisseur (Biltoki, NDLR, lire « Sud Ouest » de samedi dernier) le 21 janvier, lors d’une conférence de presse. Cela sera un lieu de passage, d’animations. On les mettra à disposition de cet exploitant dans des conditions qui ne sont pas encore arrêtées. Le Conseil municipal doit voter prochainement les conditions du bail emphytéotique.

La Ville a abandonné son projet de rachat et de réhabilitation des Nouvelles Galeries. Le dossier est-il fermé ?
Nous sommes sortis de ce dossier. Mon souhait est que ce lieu bouge et ne tombe pas en ruine. Il s’est fortement dégradé en huit ans. Ce n’est pas le rôle d’une collectivité d’aller dans des affaires privées de commerce, mais on peut impulser et influencer les projets. Dans ce dossier-là, il y a eu une telle différence entre l’estimation qu’en fait la propriétaire et l’état réel, après beaucoup de dégâts des eaux, que cela rend les choses difficiles. Les estimations des domaines ont été faites sans entrer dans les lieux et une fois dedans, ils ont dit qu’il fallait tout démolir.

D’autres commerces sont fermés, il y a du turn-over un peu partout en centre-ville…
(Elle coupe) Il y a une évolution permanente avec des boutiques qui ouvrent, qui ferment et une vitalité commerciale qui doit être mise en avant. 70 % des commerces du centre-ville sont indépendants, originaux, ils travaillent et sont attractifs. Bien avant que je ne sois élue, le quartier de la Madeleine connaissait des difficultés, avec des devantures fermées et des loyers prohibitifs car les propriétaires n’ont pas besoin de louer. C’est irrationnel. Exceptés ces commerces, je trouve que les choses bougent, il y a de la diversité. Regardez Noël, il y a eu du monde. Pour les soldes aussi. (Ferme) Je ne peux laisser dire que le centre-ville se meurt. Les gens de l’agglomération sont comme tous les Français, ils font attention à ce qu’ils dépensent, il y a une baisse du pouvoir d’achat. Nous allons mettre en place un office du commerce et du tourisme. Même si l’office de tourisme possède déjà beaucoup d’outils et collabore avec les commerçants, l’idée est de pouvoir travailler sur une communication autour d’un vrai centre-ville. En outre, nous devons recenser les locaux vides et accompagner les recherches vers ceux qui veulent s’implanter.

De nombreuses épiceries se sont installées récemment…
Il ne faut pas brider l’initiative de ceux qui ont envie de développer un commerce. Le seul problème était la vente d’alcool tardive. J’ai donc pris un arrêté en l’interdisant à partir de 22 heures.

Le secteur du logement bouge-t-il ?
Nous étions dans une crise économique générale et en dehors de Bordeaux et du Pays basque, peu de logements ont été créés. Je crois savoir que l’îlot, situé au niveau de la prison, devrait démarrer. 27 logements vont être réalisés près des arènes. N’oublions pas les 40 logements par l’Anru (Agence nationale pour la rénovation urbaine) dans le quartier du Peyrouat. Il y a donc de plus en plus de logements dans le centre-ville.

Êtes-vous confiante pour la construction de la future cité judiciaire, avenue Rozanoff ?
On nous avait annoncé 2016, puis 2019, 2020… Chaque année, on aura perdu un an (elle rit) ! Je veux être optimiste. Tout est bien ficelé. J’ai travaillé pour libérer l’emprise qui cachait cette cité judiciaire car le palais de justice est un symbole fort de la République et il fallait qu’il soit visible. Je ne peux imaginer que quelqu’un revienne sur ce dossier ! On ne sait jamais ce qui peut arriver mais j’ai le sentiment que c’est clair et que le tribunal est clairement fléché.

N’y a-t-il pas une possibilité de mieux utiliser les arènes ?
Nous recherchons des producteurs qui veuillent bien proposer des concerts… Mais la question des risques est primordiale. Nous mettons les arènes à disposition de juin à octobre ! Nous avions réalisé une étude pour les couvrir, estimée à 2,2 millions d’euros. Je crois qu’il faudrait finir par le faire… Mais qu’y faire ? Ce n’est pas si facile de les remplir.

La cohabitation avec Basket Landes est-elle digérée ?
Sur le plan sportif, cela se passe très bien. Il y a eu la bonne volonté avec, certes, quelques crispations mais comme partout, elles ont été rapidement levées par les bénévoles de Basket Landes et du Stade Montois masculin. Les entraîneurs s’entendent très bien, il y a une excellente acceptation des autres sections. Tout le monde a été volontaire et je veux les remercier. Maintenant, nous attendons la tribune de face de Boniface, avec un dojo à l’intérieur, plus des équipements sportifs qui serviront à toutes les sections. Nous pourrons agrandir un peu Barbe d’or sans pour autant y faire des compétitions. Cela sera utile aux scolaires notamment et aux autres associations sportives.

Vous attendez 1 million d’euros de subvention du Département, où en êtes-vous sur ce dossier ?
500 000 ont été libérés et 200 000 euros supplémentaires. Nous avançons. Le Conseil départemental a créé Basket Landes, l’a porté et l’a aidé à monter à si haut niveau. Nous comptons sur les élus départementaux pour comprendre que nous l’avons accueilli. Et je précise que c’est intéressant pour le territoire de Mont-de-Marsan. Basket Landes est bien installé mais il nous manque toujours une salle, cela reste fragile.

Les remous au sujet du festival flamenco sont-ils dissipés ?
J’ai évoqué des pistes d’évolution et cela a fait hurler tout le monde. Un audit dit qu’il n’y a pas assez de billetterie, pas assez de places à vendre. C’est une question, un enjeu même. Comment pérenniser cet événement alors qu’on sait très bien que les festivals ont moins de moyens ? Mais pour l’instant, je ne sens pas mes interlocuteurs enthousiastes à l’idée d’engager ce débat qui est tout sauf politique.

On dit que le second mandat de maire est souvent le plus difficile, notamment dans le rapport aux habitants, qu’en pensez-vous ?
Je ne savais pas qu’on disait cela. Sincèrement, je pensais qu’après le premier, on était lancé et que c’était plus simple. Finalement, c’est toujours aussi complexe, avec toujours autant de complications ! Je suis dans la rue, avec les associations, au marché, je n’ai pas l’impression d’avoir changé. Il faut plutôt demander aux autres ! C’est cependant vrai que l’on peut avoir un peu moins de patience face aux râleurs professionnels de mauvaise foi. Au début, quand on vient d’être élu, on les accueille avec plaisir et fraîcheur, puis on a peut-être moins de patience avec certains.


« Députée, cela m’intéresse »
POURQUOI PAS DÉPUTÉE ?
Sera-t-elle candidate aux élections législatives prévues en juin 2017 ? « Oui, ça m’intéresse. Mais cela ne veut pas dire que j’irai. » Ce ne serait pas la première fois qu’elle se présente à cette élection. En 2007, elle était devancée par Alain Vidalies (PS) et Marie-Constance Berthelon (UMP). Élue, elle serait à ce jour frappée par la loi du non-cumul des mandats.

AVEC ALAIN JUPPÉ
« Oui, je soutiendrai la campagne d’Alain Juppé en 2016 pour les primaires, très clairement et très activement. Je l’aiderai au maximum. »

« MAUVAISE DIRECTION »
« Je regrette que l’on n’ait pas eu un débat sur le schéma départemental de coopération intercommunale. Il y a un vrai enjeu. Il y a certes la commission départementale, mais je suis persuadée qu’on prend la mauvaise direction. Il y a deux options. Soit la vision départementale, et c’est ce qui prévaut dans les Landes, où les intercommunalités épousent la taille des nouveaux cantons. Ou l’autre option, la meilleure selon moi, où on s’appuie sur les bassins de vie et le vécu des territoires. Je regrette que l’on prenne cette voie car on va passer à côté. Cela me fait un peu peur par rapport à la grande Région où le Pays basque (150 communes !), Pau ou Agen ont pris des options différentes et nous, Dax ou Mont-de-Marsan, on va rester des agglomérations de petites tailles sans se rassembler autour de notre bassin de vie. »

ELLE VEUT UN CAP
« À Mont-de-Marsan ou à l’Agglo, on sait où on va. Même si ça bataille, on avance et le cap est tenu. J’aimerais connaître le cap du gouvernement. Il y a des annonces où on enlève et/ou supprime telle strate puis une nouvelle loi arrive avec de nouvelles compétences puis une autre… Les élus locaux naviguent avec une incertitude totale et sont déconcertés. On ne nous dit rien. Si le but est de faire disparaître les départements les moins ruraux, pourquoi ne pas le préparer maintenant ? »

À L’EST, ELLE VEUT DU NOUVEAU
Élue conseillère départementale depuis mars dernier, Geneviève Darrieussecq estime que le « Département s’occupe bien du Sud-Ouest des Landes, comme de la côte et Dax, mais peu du centre et de l’Est. En termes d’aménagement et d’infrastructures, on est en retard. C’est bien de faire l’effort à Dax, je ne le conteste pas, mais il faut le faire maintenant dans les autres territoires et je ne parle pas que du Marsan. »

TROP D’ÉLUS
« C’est sans aucune démagogie que je dis ça, mais il y a trop d’élus en France. Trop de députés, de sénateurs. Regardez le nouveau Conseil régional, pourquoi n’a-t-on pas diminué le nombre d’élus ? 13 élus landais, avec tout le respect que j’ai pour mes collègues, pourquoi pas la moitié ? Au Conseil départemental, il y a des binômes dans 15 cantons. Dans des territoires avec de nombreuses communes, oui, mais dans d’autres, n’aurait-on pas pu faire différemment ? »

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