Graphes contre tags
TRANSFORMATEURS ÉLECTRIQUES. Les jeunes Montois sont très officiellement chargés d’embellir la Ville, à coups de bombes de peinture et de pochoir
Article Sud-Ouest du 04/11/08, par Aude FERBOS
« Graphes contre tags »
Nom de code de l’opération, « plus belle la Ville ». Concept : pour en finir avec les tags et l’affichage sauvage, une arme fatale, le graphe. Encadrés par le CaféMusic’ et un artiste professionnel, la jeunesse montoise consacre ainsi ses vacances à maquiller les outrages du temps et les dégradations commises sur les transformateurs électriques montois à coups de bombes de peinture.
Six transformateurs par an.
L’aventure commence il y a quelques années déjà avec la mise en valeur de quatre sites : au lavoir de Saint-Médard, à l’entrée de la route de Sabres, au presbytère de Saint-Jean d’Août et aux Arènes. Une première étape à laquelle collabore ERDF (Électricité réseau distribution France), filiale de distribution d’EDF, en offrant 100 euros de subvention par installation électrique rénovée. Après le succès incontesté de cette première opération – puisque les transformateurs graphés n’ont plus été dégradés – les partenaires ont décidé de voir plus grand. C’est ainsi qu’a été signée jeudi dernier une convention entre la mairie et ERDF, qui prévoit un planning de travaux plus intensif. En effet, trois transformateurs seront graphés avant la fin de l’année, puis 6 par an en 2009 et 2010. En outre, ERDF multiplie par cinq son engagement financier en offrant 500 euros par poste réhabilité. « La qualité du cadre de vie quotidien conditionne la qualité de vie tout court », commente Hervé Bayard, premier adjoint en charge du projet à la mairie. « On aime être fier de l’environnement dans lequel on vit », poursuit l’élu.
« Ce qui peut apparaître comme une petite chose a finalement son importance : rendre notre cadre de vie agréable n’est pas anodin », appuie Geneviève Darrieussecq. D’ailleurs, du côté de l’amélioration esthétique de la ville, EDF va plus loin en engageant les travaux d’enfouissement du réseau. « Enfin, cela permet de motiver ces jeunes, de leur donner de l’intérêt pour l’embellissement de leur ville. Et à tous les habitants, cela donne une autre image des quartiers », commente Geneviève Darrieussecq.
Pochoir ou bombe.
C’est en effet dans les quartiers de la ville qu’a été mobilisée l’armée de jeunes peintres pour l’opération de relooking. Ainsi, une dizaine de jeunes de 8 à 15 ans travaillent à la peinture acrylique et au pochoir, tandis que huit autres manient directement la bombe, technique un peu plus ardue et réservée aux plus âgés de 14 à 18 ans. « Des activités qui s’inscrivent sur les temps d’animation proposés par le CaféMusic’ en période de vacances scolaires », commente Didier Valdès, directeur de l’infrastructure qui a initié un « travail sur les différentes pratiques artistiques dans le cadre d’un projet culturel global. On ne se situe pas dans des activités ponctuelles, zapping », poursuit le responsable.
De la Suède au ferroutage.
Une trame développée selon deux axes différents : autour de Bindi Mahamat, la culture hip hop, tandis que le peintre plasticien Didier Duyats puise son inspiration aux racines du rock’n'roll. Artiste d’originaire landaise installé aujourd’hui dans la Drôme, Didier Duyats a exprimé son talent à Saint-Jean d’Août avant de diriger les graphes des jeunes boulevard d’Alingsas, « sur le thème du jumelage avec la Suède ». « J’ai choisi de montrer aux Suédois quatre visages qui ont marqué Mont-de-Marsan : Wlérick, Despiau, mais aussi Lou Reed et Joe Strummer, musiciens venus jouer dans la ville dans les années 1970 », commente l’artiste. « C’est une façon de m’adresser à Alingsas, en montrant aux Suédois ce qui m’a marqué dans cette ville. » Quatre visages qui seront peints au pochoir. Route de Bayonne, Bindi et le deuxième groupe déclineront le thème du ferroutage. À la bombe cette fois-ci.
Une mission concrète doublée d’un message de prévention : le graphe, oui le tag non. « Mais de toute façon, les jeunes respectent ce qui est beau », assure le directeur territorial Sud Aquitaine pour ERDF. Pour l’entreprise, Mont-de-Marsan ouvre la voie aux futurs projets d’embellissement des transformateurs de la région. « Dans la foulée, on développera le même plan dans d’autres villes des Landes et des Pyrénées-Atlantiques », annonce le directeur.
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