« Fuente Ymbro, c’était cadeau »
TRIOMPHE. 14 piques et 5 oreilles coupées pour la plus belle après-midi de la temporada landaise. Merci qui ?
« Fuente Ymbro, c’était cadeau »
Article Sud Ouest du mardi 29 décembre 2009
Luis Bolivar qui fait le pendule face à Taranta, un auroch, 3e du jour. Mais c’est au 6e qu’il coupera deux oreilles, avant de rapporter sa tête en trophée. Un hommage. (photos pascal bats)
Merci Ricardo Gallardo. Merci à vos toros, surtout. Ces six aurochs vus de près au campo. Et pressentis, là-bas, dans cette finca Los Romerales du fin fond de l’Espagne andalouse, de Jerez et de sa frontière, comme de vrais phénomènes.
« Terrorifique ! », s’était alors exclamée Marie Sara, inventant un mot pour dire sa peur de mettre des hommes face à de tels fauves. Cette peur qui attire. Et qui avait avant cela précipité le tour de passe-passe de Simon Casas, envoyant vers les arènes montoises ce lot initialement prévu pour celles si exigeantes de Pampelune…
La magie pouvait donc opérer. Et mêler la joie du public « toriste » à l’enthousiasme du « toreriste », en ce dimanche 19 juillet enchanté. Avec 14 piques pour autant de charges furieuses des six bestiaux. Charges aussi interminables face au picador (dont le génial Luis Miguel Leiro) que longues et accélérées autour de la muleta des toreros. Seul l’infortuné Julien Lescarret s’en sort moins bien que ses congénères : le jour où il plante deux lames recta, il tombe sur les toros les moins nobles du lot. Et dire que certains avaient prévu pour lui un escabeau, afin de se planter à la hauteur de ces cornus-là…
Le frisson du Plumaçon
Sergio Aguilar, lui, n’a eu qu’à se hisser au bout des pointes acérées de ses adversaires. C’est à dire très haut. Une oreille au premier, deux au second : entre naturelles enrobées et pechos de luxe, il triomphe en beauté. Et participe activement à la transmission de ce grand frisson qui ne va cesser de parcourir le Plumaçon.
Comme le beau Luis Bolivar, à son second cornu, quintessence de cet élevage pour l’impression qu’il sait donner de ne jamais cesser de charger. À force de l’enrouler, c’est comme si le Colombien n’avait jamais voulu le quitter. Au point d’emporter sa tête avec lui, à la fin de la tarde, en hommage au monument qu’était ce Marqués . C’était au bout de la sixième épée de rêve d’une corrida que l’on classe inévitablement au milieu de ses bonbons préférés, de ses livres de chevet, avec un grigri pour s’en rappeler, dans le best-of du « on a pris notre pied »…
Dans le callejon, dès le cinquième toro, on a vu Marie Sara et Simon Casas foncer vers Ricardo Gallardo. Pour le remercier. Ce jour-là, sans doute le duo réputé (à tort, la preuve) pour n’aimer que les toreros qui brillent a-t-il fini de rentabiliser ce « cadeau » fait à l’aficion montoise. Parce qu’il y a en a eu pour tous les goûts. Et qu’à part quelques palais gâtés (ou gâteux), tout le monde a aimé.
Dis, Fuente Ymbro, tu promets de revenir en 2010 avec les mêmes, pas forcément en plus gros?
Auteur : Jean-Pierre Dorian
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