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Forêt en danger

Le 13 avril 2009

 Vendredi 10 avril, manifestation des sylviculteurs à Bordeaux.

De nombreux élus étaient présents, mais l’affluence générale décevante par rapport aux prévisions. Et pourtant les raisons de la colère de ces propriétaires et exploitants de la forêt sont compréhensibles.


Après cette nouvelle tempête, la deuxième en dix ans, la forêt est dévastée, le bois à terre. Quelles mesures sont proposées après cette catastrophe ? Des aides directes pour le transport et le stockage du bois et des prêts bonifiés pour évacuer le bois tombé et pour replanter. Donc des emprunts qui devront être contractés puis remboursés. Mais avec quels revenus ? Le prix du bois a complètement chuté compte tenu de l’abondance du bois tombé mais aussi de l’absence d’acheteurs dans cette période de crise mondiale!


Pas d’indemnisation. Aucun système d’assurance n’a été développé depuis la tempête de 1999.


Oui, le désarroi de la profession est compréhensible.


Cette forêt cultivée n’est pas qu’un bien privé, elle est aussi la source de toute une économie qui fait travailler et vivre 34 000 personnes dans notre région. Elle est aussi un formidable capteur de CO2 et un régulateur environnemental. Alors oui, l’indemnisation des propriétaires pour les dégâts de cette tempête est indispensable, et surtout, oui, il faut développer un système d’assurance acceptable pour les éventuelles tempêtes à venir.


Un fonds de garantie des catastrophes forestières abondé par différents partenaires (sylviculteurs, industriels du bois, assurances, Etat, Europe, collectivités et pourquoi pas une taxe carbone) sera la solution de l’avenir, tout comme la création et le financement (sylviculteurs, Union Européenne, Etat, collectivités) des DFCI ont été une solution exemplaire pour la lutte contre les incendies.


J’étais présente à Bordeaux car la crise est très grave sur notre territoire et nous devons être tous solidaires. J’ai le sentiment d’une incompréhension « parisienne » et nationale par méconnaissance totale de la situation sur le terrain et des singularités de notre forêt et de son exploitation.


La culture d’une parcelle de forêt donne une seule récolte dans une vie d’homme,  et de nombreux propriétaires voient la récolte de leur vie anéantie. Au-delà de l’aspect financier, comprendre ce temps long de la pousse d’un arbre, permet de comprendre le désespoir de certains. Il leur est bien difficile de se projeter vers la récolte prochaine, qui sera celle d’une autre vie ! Et pourtant ce sont eux qui doivent la préparer en replantant ! Alors aidons les à renouveler ce long cycle essentiel pour notre environnement et notre économie.

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Aquitaine, Général, Landes

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Commentaires
Commentaire par MARTY le 14 avril 2009 @ 8:41

Oui, il faut aider les sylviculteurs.
Il en va de l’avenir des générations à venir.
La forêt Aquitaine doit continuer à mériter le terme de poumon de l’Europe. Elle participe largement à la protection de l’enviroment en absorbant le co² que l’Europe rejette à profusions.
Ce ne doit pas être seulement le ministère de l’agriculture Français qui doit être impliqué. C’est l’ensemble des Européens et des associations de protections de la nature qui se doivent de militer pour sa résurection.

Si les seuls intérets économiques sont pris en compte il y a fort à parier que nous verrons les rapaces transformer nos landes en terrains constructibles ou terrains industriels, en zone de cultures intensives gorgées de produits chimique.
Nos descendants assisteront alors à la disparition du poumon de l’Europe.
Il faut protégerl’avenir de nos enfants et petits enfants.

Commentaire par leroy le 15 avril 2009 @ 18:43

bien que n’étant pas sylvicultrice je suis entièrement d’accord avec Marty. Il faut aider ceux qui nous donnent un environnement aussi exceptionnel et vulnérable afin de garder la faune et la flore de cette magnifique région qu’est l’Aquitaine et en particulier notre forêt des Landes.
Elle était la plus grande forêt d’EUROPE et doit le rester pour l’avenir de nos descendants.

Commentaire par Boulart Anne le 16 avril 2009 @ 16:44

Bonjour,
L’urgence aujourd’hui est d’évacuer le bois le plus vite possible, (menace incendies, bois qui pourrit, tourisme, etc…
Des acheteurs étrangers viennent pour proposer des solutions même si ce n’est pas de la philantropie il faut commencer par là. Ces mêmes acheteurs sont en plein découragement, car les ports français, notament celui de Bayonne débordent d’imagination pour leur mettre des bâtons dans les roues. Interdiction de charger directement les bâteaux depuis les camions, interdiction de faire marcher plusieurs grues en même temps, interdictions de chargement de plus de 3 000 tonnes etc… etc… merci une fois de plus aux fonctionnaires français qui se moquent bien de la situation des sylviculteurs mais qui sont bien contents lorqu’ils sont en vacances de profiter de notre forêt landaise. Tant que les sylviculteurs ne seront pas capables de se fédérer correctement, resteront individualistes et attendront tout des pouvoirs publics ils n’auront rien, seule leur union fera leur force. Il faut commencer par éduquer l’opinion publique sur ce qu’est la sylviculture. N’est ce pas magnifique que cette journée de solidarité de la radio RTL au lendemain de la tempête pour récolter des fonds ? et à qui sont allés les fonds ? à l’ONF !!! On fait appel à la charité publique pour donner des fonds à l’Etat…. c’est effarant !!

Commentaire par Xavier Moreau le 21 avril 2009 @ 13:20

Encore une fois, c’est d’autant plus la méconnaissance et le corporatisme, l’enclavement, et de fait, l’isolement de tout un secteur qu’est celui de la sylviculture, qui entraîne aujourd’hui la non résolution de cette problématique, et l’apauvrisement de toute une région…

Pourtant oh combien désastreuse, et avec le traitement de l’après tempête d’une part (1999-2009), mais également celui de l’exploitation unilatérale de notre fôret des Landes depuis maintenant un quart de siècle, pour ne pas parler ici de Napoléon III et de l’assèchement des marais au XIXe siècle !

Mais de plus, cette fillière en France et en Europe aura, elle aussi, feint d’évoluer avec la mondialisation et son cortège de transformations souvent pour ne pas dire toujours, laissant des pans entiers de la société en retrait…

Ne serait-il pas judicieux d’obliger, et le mot n’est pas trop fort…les différents acteurs économiques et politiques, à réflechir sur ces grands changements, pour ne pas dire « réformes » et qui doivent être entrepris rapidement.

Répartition-régulation et gestion des fôrets, exploitation, labelisation et débouchés, remembrement et diversification, zone humide et asolement, plan de gestion et fiscalité, sont autant de questionnements qui doivent, d’évidence, être traités au niveau européen !

Mais au fait, pourquoi l’Etat aurait-il à dédommager, et avec des fonds publics qu’il n’a d’ailleurs pas…des conglomerats tels que Groupama et d’autres groupes bancaires comme le crédit agricole et autres intérêts privés de tous genres ? Car ne nous trompons pas, eux-seuls possèdent encore le plus grand parcellaire à raison, souvent de quelques milliers d’hectares de notre massif Landais, et quand ce ne sont pas d’autres intérêts, totalement étrangers à l’Europe et à la CEE…Pour nous tous, c’est encore un bien mauvais « calcul » et une nouvelle opération « toxique » de plus pour ces derniers et en cette période de crise !

Mais encore et avec la fin annoncée du « service public » et le désengagement quasi unilatéral de l’Etat, ce dernier n’a vraiment rien avoir à l’affaire, au contraire, et c’est à notre région et aux départements landais limitrophes (40, 47, 33, 32) de s’organiser, et de créer une réelle dynamique: diversifier pour rebondir et renaître de ses « cendres » ( en espérant que le feu ne vienne pas en plus s’immiscer dans ce catastrophique constat et dès cet été…)

Avec la création d’usines et d’ateliers de stockage et de transformation, de fillières nouvelles du bâtiment (maison à ossature bois, hangars, piscines, clôtures…), de campagnes de développement des chablis et autres triturations à destinations énergétiques et caloriques (copeaux, pailles, bouchons, billes, miettes et divers aglomérés), de diversifications touristiques telles que la création de parcs à thème (thermes, accrobranche, animalier et autre culture Landaise…), ou agricole, avec l’exploitation vivrière et florale (asperge, carotte,…, le safran et milles autres fleurs, des diversifications telles que, et avec, par exemple l’acacia, le chêne liège ou d’amérique)…En somme autant de pistes qui ont été laissées en « jachère » pour une seule et unique exploitation, le pin sylvestre ou maritime depuis déjà bien trop longtemps !

Enfin pour en terminer ici, et si tenté qu’il faille encore apporter des preuves du réel défaut de synergie entre les différents acteurs en présence, du « désengagement des pouvoirs publics », il suffit, parfois encore, et dans certaines zones sinistrées, de se rendre sur les bords de routes landaises. Et de constater, très souvent, que seules les endroits ou des pins bordaient ses dernières, les poteaux téléphoniques et électriques sont encore au sol. Alors qu’il suffirait « d’interdir » aux propriétaires, voire de créer un débouché en sus pour se faire, de laisser pousser leurs arbres à hauteur des routes !

Mais de tout cela et du reste, il est question d’un bien vaste chantier n’est-ce pas ? Ce devrait être précisemment cela…le rôle du politique, que de prévoir l’avenir et de palier les effets pervers et autres dommages collatéraux d’une économie libérale digne de ce nom…

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