Jan 19, 2015 in Actualités, Général, Landes
Geneviève Darrieussecq en chef de file

Geneviève Darrieussecq a mis fin au suspense hier en annonçant sa candidature, augmentant les chances de l’opposition de faire basculer le Département. Avec ou sans elle comme présidente.

« Elections départementales : Geneviève Darrieussecq en chef de file »

Fin du suspense qui n’en était plus vraiment un. Geneviève Darrieussecq (Modem) sera bien candidate aux élections départementales (22-29 mars). C’est un événement en soi puisque l’opposition, aujourd’hui représentée par seulement quatre conseillers sur 30 dans l’assemblée, n’a jamais eu autant de chance de « jouer le match » face à une gauche hégémonique depuis des décennies. Et la candidature du maire de Mont-de-Marsan, qui se pose en « chef de file », sera l’un de ses atouts de poids pour peser dans les urnes.

« Sud Ouest ». Vous avez longuement hésité apparemment, qu’est-ce qui vous a décidé à vous lancer ?

Geneviève Darrieussecq. J’ai réfléchi longuement car nous sommes face à une absurdité : à deux mois d’une élection, on ne sait toujours pas quelles seront les compétences du futur Conseil départemental. Alors, il fallait bien dire et faire quelque chose. Il y a une attente de renouvellement, d’ouverture. Alors allons-y, partons. Je suis candidate avec envie et détermination et je serai le chef de file de mon équipe, dans cette élection.

Que veut dire être le chef de file ?

Ce sont des élections particulières où le renouvellement des conseillers est complet. Je souhaite porter le travail d’une équipe qui veut avancer avec des valeurs et une façon différente d’être au service de tout le département. Nous allons porter des propositions départementales. On ne fera pas des promesses locales multiples et variées et souvent pas tenues, d’après ce que j’ai vu dans le passé. Enfin, la moitié des gens engagés ne sont pas encartés. L’UMP et les centristes ont leurs personnalités et nous avons voulu de la fraîcheur dans la façon de penser et d’aborder les sujets.

En cas de basculement, serez-vous la présidente du Conseil départemental ?

Je pars dans cette élection de manière désintéressée. Je ne cherche pas un mandat, ni un hochet ou un bâton de maréchal. Je suis maire de Mont-de-Marsan, c’est le plus beau des mandats. J’ai été vraiment très sollicitée par de nombreux élus locaux, de tous bords politiques, mais aussi acteurs économiques et de la société civile pour porter ce renouvellement. Je ne peux pas dire à l’heure actuelle qui sera présidente ou président du Conseil départemental. Mais en étant chef de file, j’apporte une caution. Cela ne me fait pas rêver d’être présidente du Conseil général… Nous partons tous avec le même objectif, on a même réfléchi à une charte pour développer les mêmes valeurs pendant le mandat.

C‘est aussi une bonne stratégie : si vous devenez présidente, vous devrez abandonner votre fauteuil de maire. Ainsi, cela évite que la gauche vous pilonne sur la question pendant toute la campagne…

Non, ce n’est pas une stratégie. Je ne m’intéresse pas à ce que nos concurrents diront. J’ai envie d’avancer. Je suis Landaise d’origine du sud et installée à l’Est depuis trente-sept ans. Je connais bien le département qui a des atouts formidables. Je ne veux pas être contre quelqu’un mais pour quelque chose. Mais je crois que je vais prendre beaucoup de coups, j’ai d’ores et déjà acheté un ciré pour que cela glisse… Mais j’ai l’habitude.

Pourquoi avez-vous décidé de vous engager ?

C’est d’abord un constat. Nous sommes dans un département replié, isolé dans le paysage régional. Il manque une stratégie partagée, les territoires ne se parlent pas entre eux et sont souvent mis en opposition. Il est alors difficile d’avoir une action départementale d’aménagement de ce département. Le mode de gouvernance, auto-centré, lourd, qui impose sans concertation au niveau des élus locaux, est dépassé. Soit on est obéissant, soit on est ostracisé. J’estime qu’au XXIe siècle, on ne peut pas travailler comme ça. Il faut une gouvernance ouverte, accepter les différences des personnes et travailler avec tous. C’est ce que j’ai toujours porté depuis mon engagement, récent, en politique. Ensuite, je crois qu’il existe des retards importants et dans des domaines où on fait croire qu’on est les meilleurs. Je pense à la petite enfance, aux personnes âgées. On aura l’occasion de le démontrer lors de la campagne.

Henri Emmanuelli devrait être également candidat, qu’est-ce que cela vous inspire ?

Attendons qu’il s’exprime… Pour l’heure, il n’a rien dit. Cela peut paraître normal qu’il y aille mais cela fait trente-trois ans que c’est lui. Et tout ce que je décris comme fonctionnement est la conséquence de cette longévité. Ce n’est pas propre à monsieur Emmanuelli mais à tous, qu’ils soient de droite de gauche. À la fin, on finit un peu enfermé. Je n’ai jamais fait d’attaques personnelles, je ne vais pas commencer.

Avez-vous tout à perdre dans cette élection ou tout à gagner ?

Je n’ai rien à perdre et nous n’avons rien à perdre. Aujourd’hui, quatre conseillers sur 30 ne sont pas de la majorité. Et cela ne représente pas les Landes. Cela sera donc toujours mieux. A titre personnel, je n’ai rien à perdre. Quel que soit le résultat, je continuerai à travailler et à m’investir comme je le fais. Nous porterons des idées, un débat et on a tout à y gagner.

Vos chances de gagner sont tout de même historiques. Pensez-vous que cela va se jouer à un canton ?

Franchement, je ne fais aucun plan sur la comète des Landes. Je n’en ai aucune idée. Je pense que quel que soit le résultat, nous parviendrons à porter un projet départemental en équipe avec une gouvernance moderne. Je ne sais si cela sera entendu par la majorité des Landais. Mais je sens qu’il y aune attente.

Faites suivre !

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