« Des curiosités locales »
ACTION SOCIALE. L’audit demandé par la mairie était présenté hier en conseil d’administration du CCAS. « Il n’y a rien dedans », estime Jullian. Pas si simple
Article Sud-Ouest du 25/10/08, par Jean-François RENAUT
« Des curiosités locales »
Les nounous du CCAS. L’accueil de la petite enfance est une priorité sachant qu’il manque au bas mot 150 places en crèche photo archives marion crétel
«Quand on est arrivé en mars, on a trouvé un CCAS sans direction, aux activités floues, manquant d’objectifs pour un personnel qui mettait pourtant tout son coeur. » Le constat est de Geneviève Darrieussecq. Il l’a conduite à diligenter un audit au cabinet spécialisé Cirese qui s’est penché récemment sur les CCAS de Bordeaux et de Rennes.
Cet audit était présenté hier après-midi en conseil d’administration. En voilà, les grandes lignes.
RAS sur les finances.
« Sur les finances, il n’y a pas grand-chose à dire », livre Raphaël Legendre, le nouveau directeur. Sur l’organisation, « l’audit montre que le CCAS était géré sans ambition, avec une absence de projet et d’encadrement intérieur ». « C’était plan-plan quoi », commente le maire.
Raphaël Legendre poursuit son exposé. « Les méthodes de travail sont largement datées. Les travailleurs sociaux n’ont pas de logiciels spécialisés pour analyser les besoins sociaux. Il y a une foultitude de services sans coordination les uns avec les autres. »
Le successeur de Jean-Pierre Jullian pointe ensuite ce qu’il appelle des « curiosités locales ». L’appareil de téléalarme loué 9,58 ? au Conseil général et sous-loué en moyenne trois fois plus cher aux usagers. Le portage des repas à domicile facturé aux usagés montois et pas aux autres. Les nounous rétribuées avec une grosse part d’indemnités et une petite part de salaire, « pour payer moins de charges », ce qui a eu pour conséquence des retraites minimales.
« C’était une sorte d’État dans l’État », conclut Raphaël Legendre.
À toutes ces « curiosités » dont certaines ont encore cours, Geneviève Darrieussecq, présidente du CCAS, a promis de mettre un terme. Elle y en rajoute une autre concernant la subvention d’équilibre versée par la commune de Mont-de-Marsan. Cette année, le conseil municipal l’a voté à une hauteur de 600 000 euros contre un million les années précédentes.
« C’est normal, estime le maire. Le CCAS dégage 2 millions d’excédent. On se demande bien pourquoi alors que son budget devrait être à l’équilibre. »
Une fois ces constats dressés, le conseil d’administration a été l’occasion de donner des pistes pour l’avenir avec une philosophie « un peu plus de justice financière pour les bénéficiaires et un peu plus de prises en compte des personnels ».
Sans être exhaustif, voilà quelques-unes des perspectives. À l’attention des personnes âgées : une extension des soins à domicile intégrant le samedi matin et les personnes handicapées, la création d’un guichet unique, des services de transport à la demande et de nouvelles prestations à domicile comme de petits travaux.
Pour la petite enfance : la mise en place d’horaires décalés, une halte-garderie améliorée sachant qu’avant même l’arrivée des nouveaux personnels à la BA 118 et à la centrale pénitentiaire, il manque déjà 150 places.
En outre, trois délibérations ont été prises cet après-midi. Le transfert de l’attribution des logements sociaux de la ville au CCAS (auparavant le maire seul décidait), la mise en place d’une commission d’attribution des places en crèche (c’était une puéricultrice qui s’en occupait seule) et la modification du tarif des téléalarmes.
Jullian défend son bilan.
Et Jean-Pierre Jullian, que pense t-il de tout ça ? Il minimise, voire se moque un peu. « Cet audit devait massacrer notre gestion mais j’ai l’impression que c’est plutôt une montagne qui accouche d’une souris. Il n’y a rien là-dedans. »
Celui qui fut directeur de la structure depuis 1985 et reste aujourd’hui maire de Saint-Pierre et président de la communauté d’agglomération, estime avoir fait son boulot. « Quand je suis arrivé au CCAS, il n’y avait pas un seul service qui tenait debout. »
De ses réalisations, il fait presque un inventaire à la Prévert, en moins poétique mais ça n’est pas l’objet.
« Nous avons créé un foyer des jeunes travailleurs, deux maisons de retraite, le service de téléalarme, un service d’aides ménagères, un vrai service de portage à domicile, un fonds d’aide aux jeunes en difficulté, une crèche familiale… »
Et sur ce que ses détracteurs appellent des curiosités locales ? Il a aussi des explications, assez techniques d’ailleurs, qui présentent les choses de façon très différentes. « Je n’ai rien à me reprocher. »
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