« Déplacements : la CAM enquête »
AGGLOMÉRATION. Les habitants des 18 communes vont être sondés sur leurs habitudes de déplacement, leur perception et leurs souhaits. But : favoriser les déplacements doux.
« Déplacements : la CAM enquête »
Article Sud-Ouest du mardi 1er décembre 2009 – par Jean-François Renaut
24 000 foyers de l’agglomération montoise sont à partir d’aujourd’hui destinataires d’un questionnaire sur les déplacements (1) à retourner dûment rempli avant le 31 décembre. La Communauté d’agglomération du Marsan a confié au cabinet Iter une vaste enquête sur les transports en particulier et plus généralement sur les modes de déplacement.
La philosophie est claire. Il s’agit d’associer les habitants de l’agglomération à l’élaboration d’une politique globale de déplacements voulue par la présidente – et maire de Mont-de-Marsan – Geneviève Darrieussecq.
Trop de place pour la voiture
« De nombreuses collectivités, explique t-elle, se sont lancées avec succès dans cette grande aventure d’une mobilité durable en offrant un système de transport collectif performant et fiable capable de diminuer l’usage de la voiture au profit des autres modes de déplacement plus respectueux de l’environnement. »
Il y a du pain sur la planche communautaire. Certains axes de circulation sont saturés alors même que le réseau de transports en commun est très peu fréquenté. Un tableau pas terrible qui s’explique en partie par l’étendue du territoire et la faible densité de population et qui fait qu’aujourd’hui 96 % des déplacements se font en voiture.
Les transports en commun ne représentent ainsi que 2 %, idem pour les déplacements qualifiés de doux, c’est à dire la marche à pied et le vélo.
TUM pas adaptés
« Lancés au début des années 80, les TUM ne sont pas adaptés », estime Geneviève Darrieussecq. « S’ils l’étaient, on le saurait, les gens prendraient les bus. » Les seuls clients sont des captifs, autrement dit des gens qui n’ont pas d’autres choix. Les scolaires en particulier. Pour les autres, attendre une heure le passage d’un bus est rédhibitoire.
Dans l’absolu, le vélo peut être une alternative au tout voiture mais l’agglomération est fort mal équipée en pistes et autres voies dédiées et sécurisées. « C’est tout un ensemble qui est à repenser », explicite la présidente de la CAM. « Les voies de circulation ne sont pas adaptées pour les déplacements doux, les modes de stationnement sont à revoir, les voiries sont en mauvais voire très mauvais état… Tout est complémentaire y compris l’habitat qu’il serait bon de densifier. »
L’agglomération peut d’autant moins faire l’économie de cette réflexion que l’A 65 sera là demain (printemps 2011) et la LGV après-demain (2020) et que même sans ces aménagements structurants, la population de l’agglo croît régulièrement et de façon importante.
Un changement nécessaire
Si les habitants de la CAM sont ainsi associés, c’est d’abord parce que leurs points de vue d’usagers seront précieux. Geneviève Darieussecq dit « Plus nous aurons de réponses et d’informations, plus le plan sera adapté. » Autrement formulé, il s’agit de répondre au plus près à la question suivante : qu’est-ce qui pourrait nous inciter à davantage emprunter les transports en commun ?
Deuxième effet recherché : « une amorce de sensibilisation sur le nécessaire changement de comportement ». Un changement qui est aussi une nécessité en matière de développement durable et potentiellement une source d’économies importante pour les familles (l’entretien et l’utilisation d’un deuxième véhicule reviennent beaucoup plus cher qu’un abonnement au bus).
Dans les grosses villes à forte densification, 30 % des déplacements s’effectuent en transports en commun. À Mont-de-Marsan, on ne rêve pas de tels chiffres mais on souhaite s’en approcher. « Si on pouvait atteindre 20 % en 2020, ce serait déjà très bien. »
Le cabinet Iter, qui travaille depuis septembre, a douze mois pour établir un diagnostic et faire des préconisations. En septembre 2010, le scénario retenu devra être déclinable en actions.
« Tout ne va pas se faire en un jour », prévient Geneviève Darrieussecq, « mais la volonté y sera. »
(1) On peut également se le procurer au siège de la communauté d’agglomération (575, avenue du Maréchal-Foch à Mont-de-Marsan) et dans les mairies des 18 communes membres ou le remplir directement sur le site www.agglo-marsan.fr
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Commentaires
Il n’est bien sûr pas question de faire de Mont de Marsan un petit Paris. Ici, densifier l’habitat commence par reconquérir les nombreux logements actuellement vides (car non entretenus) dans le centre-ville de Mont de Marsan).
Ensuite, effectivement, je crois qu’il faudra bien que nous nous posions la question du rôle des élus dans l’offre de logements neufs. Il me semble que nous pouvons trouver un juste milieu entre des terrains de 3 000m² et des tours d’immeubles. Un habitat individuel plus groupé, moins gourmand en terrain et en réseaux, mais toujours agréable.
Oui le défi écologique qui est devant nous doit nous conduire à prendre les bonnes décisions. La redynamisation du centre-ville et de ses commerces, une offre de logements différentes y compris dans les communes rurales, l’organisation de transports en commun efficaces. Mais rassurez-vous, Mont de Marsan et son agglomération seront toujours un lieu agréable où l’on aime vivre !

Madame le Maire,
Je trouve louable votre souci d’améliorer les déplacements au sein de l’agglomération;mais un terme de votre exposé me fait réagir: vous pronez la densification de l’habitat!J’ai pu juger du résultat de cette politique en région Parisienne(15 ans) elle conduit inéluctablement à un mode de vie peu enviable.Le rôle du politique, aidé par les bureaux d’études, n’est-il pas de rechercher les solutions les meilleures pour une vie harmonieuse dans la cité? Peut-être n’ai-je pas bien compris ce que signifie « densifier l’habitat »?