Demain, les Berges!
« Vous voici sur les berges, pas avant 2012″
Pour la rénovation des berges de l’Adour, l’architecte est choisi et le « projet phare » de la municipalité prend enfin son envol. Première tranche en 2012 ?
Article Sud Ouest du 23 juin 2010 – par Jean-Pierre DORIAN
C’est une belle idée. Elle a mis du temps à sortir des cartons. Et en mettra sûrement plus encore à s’étaler sous les yeux des Montois. Mais au moins, maintenant, elle existe, plus clairement. D’ici à deux ans, si tout va bien, elle sera même palpable, puisque « la première tranche de la première phase » devrait être terminée.
« La tranche ferme » en question prévoit ainsi de rénover la place Charles-de-Gaulle et la partie des berges qui longe la cale de l’Abreuvoir, entre les deux ponts à la confluence. « Mais ce n’est pas sûr, on commencera peut-être ailleurs », pondère Geneviève Darrieussecq.
Parce que si l’architecte maître d’œuvre pour cette première tranche est enfin choisi (lire ci-contre) et ses esquisses suffisamment séduisantes pour lui avoir valu de repousser la concurrence, le projet, en l’état, mérite encore retouches et ajustements.
« Ce n’est pas le projet final, mais c’est plus qu’une ébauche avancée ! Surtout, la philosophie est là : cela va véritablement changer la physionomie de la ville et en même temps, ce projet ressemble à Mont-de-Marsan. »
« Liaisons douces »
Du moins, pour l’instant, cette première phase, dont le cahier des charges comprenait donc l’aménagement des berges de la confluence à la pisciculture, en passant par la place du Général-de-Gaulle, la place Pancaut et la place Poincaré. Pour le détail, il ne faudra surtout pas manquer de se pencher assidûment sur les dessins et autres esquisses (ci-dessous ou sur notre site Internet) qui seront également exposés en mairie, avant d’être très officiellement présentés aux Montois en septembre. Mais « philosophiquement » donc, le parti pris du maire et de son jury est clair : « Il s’agit de faire la part belle aux promeneurs, ou plus généralement à celui qui veut se déplacer au quotidien avec des liaisons douces, à pied ou à vélo. » Son premier adjoint, Hervé Bayard, va même plus loin : « En choisissant de requalifier des espaces publics pour leur donner de nouveaux usages, la voiture n’a plus la même place. »
À commencer par celle pour stationner, diront les invétérés râleurs ! « Il y a effectivement 150 places de stationnement en moins, entre celles perdues à Pancaut, De-Gaulle et sur les bords de la Midouze. Mais nous présenterons notre stratégie en septembre en la matière : entre les places de parking actuellement vides et celles que nous voulons créer, il y a de la marge. »
Et surtout de la place pour concevoir la ville différemment. Parce qu’avec celui-là, « plusieurs projets se croisent », comme le rappelle Mme le maire. « Nous travaillons à la CAM sur un projet global de déplacement. Avec les transports en commun, on peut se déplacer différemment et donc stationner différemment. »
De quoi largement tolérer dès lors une seule voie de circulation et plus une voiture « ventousée » sur la place De-Gaulle. Ou une double voie pour circuler et seulement une trentaine de places pour se garer place Pancaut, aussi aérée et séduisante que la future première nommée. Une sorte d’antithèse après une thèse désormais largement dépassée.
11 millions d’euros
Avec cela, il sera tout de même assez délicat de ne pas goûter les larges espaces prévus sur les berges, quai Silguy, cale de l’Abreuvoir ou quai de la Midouze ; cette passerelle à venir sur la Midouze, comme ce gué pour traverser le barrage de la Douze (les deux étant prévus pour s’adapter, et donc se démonter, en cas de crue) ; ce belvédère projeté dans la droite lignée de l’entrée ouest, à l’orée de ce nouveau grand boulevard que seraient les berges de demain.
Ou d’après-demain, parce qu’il faudra attendre 2012 pour voir la première tranche réalisée. Avec déjà 11 millions d’euros de coût budgétisés. Avant une deuxième tranche qui traitera la presqu’île du côté de la Douze, puis une troisième qui se chargera de rejoindre le Midou via le Mont-de-Marsan historique, on est parti pour un moment et beaucoup d’argent…
« Ce projet sera présenté à la CAM pour intégrer le contrat d’agglomération. L’embellissement de Mont-de-Marsan peut intéresser tous les gens de son agglomération, me semble–t-il », se lance le maire. Avec son adjoint pour premier soutien. « C’est aussi un projet touristique, qui fera beaucoup pour l’attractivité de notre territoire. »
Et pour être encore plus limpide que l’eau de la Midouze, « ce type de projet sera mieux subventionné s’il est porté par la CAM. » C’est dit. Et ça reste une sacrée belle idée.
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