CPE ou Classe Politique Exangue
Cette affaire de CEP me met mal à l’aise depuis le départ.
Le Premier Ministre déclare qu’il y a urgence de penser aux jeunes, décide seul d’un nouveau contrat de travail, le fait passer en force sans discussion au parlement, met une partie des jeunes, la gauche et les syndicats dans la rue, obtient un soutien du bout des lèvres du MEDEF qui ne semblait pas attendre ce type de réforme, refuse toutes discussions, amène le doute dans son camp aidé par son Ministre de l’Intérieur, et enfin obtient du Président de la Répubique qu’il promulgue la loi avec annonce de modification des deux sujets les plus controversés toujours sans discussion préalable.
Les jeunes ont depuis longtemps besoin que l’on pense à eux, mais je ne suis pas sûre qu’ un énième contrat de travail les aidera. Ils attendent surtout d’une formation adaptée aux besoins des entreprises, une orientation efficacement guidée dans leur cursus scolaire afin d’aller vers des qualifications ou des diplômes pouvant leur procurer du travail, des universités qui les entourent, qui leur donnent confiance en eux et qui évoluent en relation étroite avec le monde du travail.
Les entreprises souhaitent trouver des jeunes qualifiés pour les emplois qu’elles proposent, sont prêtes à assurer une formation complémentaire, certains secteurs présentent plus d’offres d’emploi que de demandes, et globalement le frein à l’embauche reste plus lié aux taux des charges sociales qu’au type de contrat car la palette est déjà bien vaste.
Les syndicats donnent souvent une image assez archaïque de défenseurs des droits acquis, certains font plus de politique idéologique que de syndicalisme, mais pour la majorité leur combat peut être juste et progressiste et le sera d’autant plus qu’ils seront considérés comme de vrais interlocuteurs utiles à une évolution moderne du monde du travail.
Qu’est ce qui empêche nos classes politiques de créer des ponts entre ces différents interlocteurs pour faire évoluer ce pays? Le rôle des responsables politiques, à mon sens, ne doit pas être d’imposer mais de permettre des relations saines et les plus apaisées possible pour évoluer dans le meilleur sens pour tous, car en dehors des idéologies extrèmes dont l’histoire nous a montré les limites, il faut sûrement du courage mais surtout du bon sens pour traiter les problèmes.
Ce n’est pas dans cette affaire de CEP que le bon sens transpire, ni dans l’élaboration du projet lui même ni dans sa communication. La raison est simple: nous sommes en campagne électorale, c’est le combat pour être chef et visiblement cela rend fou. Certains disent que la France est ingouvernable et ils n’ont pas tout à fait tort, nous sommes en état permanent de campagne électorale à tous les niveaux ce qui empêche toute action globale, à long terme, réfléchie, négociée, maîtrisée.
Je rêve d’une action politique qui soit basée sur la démocratie participative où l’on prendra le temps nécessaire pour élaborer les réformes indispensables à notre pays, pour juger de leur pertinence, de leur efficacité pour ensuite si nécessaire les faire évoluer. Cela demandera plus de temps certes, mais sera plus efficace, mieux accepté et redonnera confiance à nos concitoyens en la classe politique, en leur pays et aussi en eux-mêmes. Cela entrainera aussi une image positive de notre pays. Qu’attendons nous pour avoir enfin du bon sens?
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