« Au premier samedi piéton, il ne manquait que le soleil »
CENTRE-VILLE. La météo aurait pu être meilleure (ou pire), mais les promeneurs ont été nombreux
« Au premier samedi piéton, il ne manquait que le soleil »
Article Sud Ouest du lundi 9 mars 2009
« Moi, ça ne me convient pas du tout. S’ils font ça tous les samedis, je ne reviendrai pas ». Jacqueline, de Maurrin, est une habituée du centre-ville montois. Mais ayant des difficultés à se déplacer, elle veut se garer le plus près possible des commerces. « Là, j’ai eu de la chance, j’ai trouvé une place rue Sadi-Carnot. Mais ne plus pouvoir se déplacer en voiture après, c’est trop dur. »
« Ridicule, ça ne sert à rien »
Ce sont là les opinions le plus souvent entendues samedi matin, lors de ce premier samedi piéton inaugural, qui aura lieu désormais chaque premier samedi du mois. Satisfaction générale, sauf pour ceux qui ont de bonnes raisons, comme les personnes à mobilité réduite, ou qui ont des charges à porter.
Mais les Montois, qu’est-ce qu’ils en pensent ? « C’est ridicule et ça ne sert à rien. » Toujours direct, Thierry Pantel, patron de l’hôtel Richelieu, dit ce qu’il pense ! « Toutes les places de parking devant le théâtre sont vides alors qu’il n’y a pas d’animation. Pourquoi ne pas avoir laissé au moins les voitures arriver jusque-là pour se garer ? Heureusement que mon restaurant est fermé le samedi ! C’est très mal pensé, et je vais écrire à la mairie pour me plaindre. »
Gwen, du magasin les Sables fauves (prêt-à-porter) est plutôt satisfait. N’ayant pas les voitures avec leurs fumées qui lui passent sous le nez, il a pu laisser la porte de son commerce ouverte, mais il exprime des réserves. « Moi, je suis à 300 % pour, explique-t-il, mais il faudra mieux l’organiser les fois suivantes. Penser au transport pour les personnes à mobilité réduite, et puis préparer aussi des animations solides, pour compenser le handicap commercial. Car quand il n’y a pas de soleil ni de gens attirés par quelque chose, c’est assez vide. » À la Briocherie, rue Gambetta, l’affluence et donc les affaires ont été bonnes. Et au bar le Central, Bruno Deyts est lui aussi satisfait de voir du monde. Il regrette comme beaucoup l’absence du soleil, qui l’a empêché de sortir sa terrasse.
« Enfin du positif »
Aline Nogaro est, quant à elle, franchement enthousiaste : « Enfin du positif, enfin des politiques intelligents qui écoutent tout le monde avant de proposer quelque chose. Il faut permettre à tous de travailler ensemble. Moi, je trouve que la juxtaposition du Printemps des poètes avec le samedi piéton est une très bonne idée. Il faut que les Montois se réapproprient le centre-ville. »
Pour conclure, quelques conseils de Marie-Jo Lesgourgue, architecte : « de temps en temps, le centre-ville aux piétons c’est très bien, dit-elle. Mais si on le pérennise au quotidien, attention. Dans les grandes villes qui l’ont mis en place, on a changé la fréquentation et le style des magasins. Les zones piétonnes favorisent l’achat spontané, mais les gens qui font leurs courses, les actifs, n’ont pas le temps de flâner. Regardez à Bordeaux : les zones chic ne sont pas piétonnes, et dans la rue Sainte-Catherine, vous avez surtout des franchises pas chères, des bibelots, des gadgets, des restos rapides. Que des magasins « cheap », pour les jeunes ou les étudiants. Car n’oublions pas que les personnes d’un certain âge, il faut qu’elles habitent au-dessus des commerces pour rester au centre-ville. Sinon, il n’y a plus de centre-ville vivant. »
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