Allô, ici les Landes
Plus d’un mois que la tempête a ravagé un tiers de notre massif forestier, un mois que les villes et villages des zones touchées cherchent à retrouver une vie « normale », un mois que la liste des dégâts s’allonge et l’évaluation des coûts de cette catastrophe climatique ne cesse de faire grimper les chiffres de façon exponentielle.
Et cela fait presque un mois que les médias se sont tus et que cette tempête ne représente qu’un vague souvenir pour la très grande majorité des français, trois semaines que le gouvernement a annoncé un plan d’aides mais qu’aucun règlement d’intervention n’est mis en place. Tous semblent passés à autre chose. Ah que cette mode du zapping est cruelle et qu’elle est en contradiction avec le temps long que représente la culture de la forêt !
Mais ici nous sommes toujours dans le vif du sujet.
Les sylviculteurs et les entrepreneurs de travaux forestiers regardent dépités le bois à terre, ne savent pas comment et avec quels moyens dégager la forêt, stocker le bois, à qui et à quel prix vendre ce bois. Les maires des communes forestières ne peuvent pas monter leur budget car ils ne peuvent pas vendre le bois prévu qu’il soit à terre ou debout.
Les maires des villes et villages non forestiers font aussi leurs additions, et les chiffres commencent à devenir là aussi vertigineux quant aux dégâts de biens non assurables, mettant aussi à mal les budgets… et pas un mot concernant une quelconque aide.
Alors le zapping, la mémoire courte, la méconnaissance des problèmes et pour tout dire l’indifférence et l’oubli après la compassion, ça heurte dans nos territoires !
Devrons nous subir une double peine : celle d’être sinistrés et d’assumer seuls la charge du coût des sinistres mettent à mal notre économie locale ? Et que dire du désastre écologique !
Il est temps que le ministère de l’agriculture, de la mer et de la forêt flèche enfin son plan d’aides pour que les travaux de déblaiement commencent, et qu’il se penche sur la nécessité de mise en place d’un prix plancher de vente du bois si l’on veut éviter la ruine de ce secteur qui emploie 34 000 personnes.
Il est temps que le gouvernement français et nos députés européens nous soutiennent auprès de l’Union Européenne pour que soit débloqué le fonds d’indemnisation pour les catastrophes.
Il est temps que le ministère de l’environnement s’intéresse aux Landes, poumon vert de l’Europe.
Il est temps que le Conseil régional expose et vote son plan d’actions.
Il est temps que les communes forestières sachent de quel montant sera l’aide promise pour leur budget, et que les autres villes sachent qui va les aider et à quelle hauteur car leurs habitants ne comprendraient pas que les services qu’ils attendent de leur municipalité ne soient plus là.
Quelques signes forts seraient les bienvenus avant que les landais ne se sentent complètement lâchés. Ils pourraient alors entrer en résistance.
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