« Ma patience risque d’avoir des limites »
Le maire répond aux attaques de l’opposition municipale et en appelle à « l’intérêt général » pour faire avancer les projets de la ville.
« Ma patience risque d’avoir des limites »
Article Sud-Ouest du 15 février 2011 – par Axelle Maquin-Roy
Le dernier conseil municipal n’en finit pas de susciter des réactions. Et comme on pouvait s’y attendre, Geneviève Darrieussecq ne pouvait pas ne pas réagir aux attaques de Renaud Lagrave s’agissant de sa gestion tant humaine que procédurale des dossiers municipaux. Réponse de la bergère au berger.
« Sud Ouest ». M. Lagrave met en cause votre gestion du personnel municipal en évoquant « de la souffrance au travail ».
Geneviève Darrieussecq. Je ne peux laisser passer ces allusions. Gérer 650 agents, c’est gérer une PME. Je considère chacun d’eux comme de vrais collaborateurs pour lesquels nous avons accompli un véritable travail social qui n’avait jamais été fait avant. Au-delà du réaménagement de tous les services de l’hôtel de ville et des améliorations des conditions de travail à venir aux pompes funèbres, à la police municipale ou encore à l’office de tourisme, nous avons augmenté de 22 % le nombre de jours de formation pour nos agents et favorisé la mobilité pour leur permettre d’évoluer dans leurs carrières vers des métiers moins contraignants.
Allez-vous mettre en place un audit comme il le souhaite pour dresser le bilan ?
Le dialogue social n’a jamais été aussi ouvert et constructif avec 6 à 7 réunions du comité technique paritaire par an, contre 2 auparavant. M. Lagrave ne peut ignorer que nous mettons en place, avec les syndicats, un questionnaire précis sur le bien-être au travail des agents.
Il vous reproche également votre gestion financière et craint un endettement démesuré de la ville.
Certes la ville a des moyens limités. Mais nous sommes responsables et avons établi un plan pluriannuel pour ne pas augmenter les impôts dans un premier temps, comme nous nous y étions engagés. L’endettement, nous le contrôlons et le maîtrisons. Mais il faut investir dans la ville, dans le logement, pour maintenir les emplois et la population. Or nous avons beaucoup de retard et de nouvelles échéances, comme la gare, qui arrivent. On ne peut pas attendre que les trains passent. Je veux bien être patiente pour la rocade, le barreau du Caloy. Mais pour certains dossiers nous avons besoin d’aide.
Une aide dont vous estimez qu’elle vous fait défaut du côté de la Région.
Je sens bien que depuis les élections régionales les choses sont plus difficiles à la Région. Comme pour le projet des berges ou le dossier de technopole autour des logiciels libres où on se heurte à quelques réticences.
C’est le jeu des oppositions politiques.
C’est de la politique politicienne qui dessert les gens et les territoires. Si le seul but de Renaud Lagrave est de faire en sorte que nous ne réalisions pas nos projets pour tirer un bilan négatif en 2014, je lui dis : il faut que ça s’arrête ! Il veut m’apprendre la patience. Je crois justement que j’ai été très patiente jusqu’à présent. Mais ma patience risque d’avoir des limites .
Est-ce une menace ?
Non. Je veux le rencontrer pour mettre ces questions à plat, en tête à tête, les yeux dans les yeux.
Et après ?
Et après cette entrevue, alors je verrai ce qu’il y a lieu de faire
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