« Je serai ce berger »
MODEM. Hier, Jean Lassalle, député béarnais médiatique, était à Mont-de-Marsan pour préparer les élections
« Je serai ce berger »
Article Sud Ouest du lundi 11 janvier 2010
Jean Lassalle était hier à Mont-de-Marsan, aux côtés de Geneviève Darrieussecq, Jean-Jacques Lasserre et Patrick Beauvillard. (PHOTO nicolas le lièvre)
Jean Lassalle. Évidemment le nom du député Modem de la quatrième circonscription des Pyrénées-Atlantiques parle à tout le monde. Même aux cancres de la politique. Et pour cause : ses coups d’éclat ont fait toutes les unes. En juin 2003, d’abord quand, dans l’Hémicycle, il entonne l’hymne des Pyrénées en langue béarnaise, le « Se Canto », pour obtenir le maintien d’une gendarmerie au tunnel du Somport. Rebelote le 7 mars 2006, au Palais Bourbon : il entame une grève de la faim pour protester contre la délocalisation de l’usine de sa vallée. En cinq semaines, il perd 21 kilos, mais gagne la sympathie des Français. Bref, un personnage.
« Chez Geneviève »
Et vous savez quoi ? L’homme ressemble à ses coups de gueule. Hier à Mont-de-Marsan, son apparition était en elle-même un vrai show. Malgré les intempéries, il est venu « Chez Geneviève » pour participer à une réunion de travail aux côtés des têtes de liste Modem d’Aquitaine. S’il manquait Marc Mattera, resté bloqué par la neige en Dordogne, Geneviève Darrieussecq était là, ainsi que le Basque Jean-Jacques Lasserre et le Lot-et-Garonnais Patrick Beauvillard. À l’ordre du jour : les régionales.
Première impression : Jean Lassalle est grand et ce n’est rien de le dire. Une montagne. « Je reste debout contre le radiateur, je m’étire. » La voix caverneuse retrace déjà la courte nuit, quasi blanche, l’aventure verglacée pour rallier les Landes depuis Lourdios dans la vallée d’Aspe, son village natal dont il est maire depuis 1977. Un ou deux bons mots avant d’entrer dans le vif du sujet.
« J’avais demandé à Geneviève et à Jean-Jacques Lasserre de mettre en place un groupe de travail il y a deux mois, avec des experts de toutes les sensibilités pour faire une photographie de la région », explique-t-il. « Ils ont fait un énorme travail. On est là aujourd’hui pour regarder tout ça de près, décider ce qu’on ajoute au programme. » Sur la forme, il devrait suivre un fil rouge : « Être très proche des gens. Ce qui me frappe de plus en plus, c’est que plus personne n’est de leur côté », poursuit-il, se défendant d’être « populiste ».
« C’est une réalité et nous allons nous en servir pour apporter une touche humaine et territoriale en prenant en compte les préoccupations économiques, le développement durable… Nos territoires sont en lambeaux : les paysans meurent la bouche ouverte, le cas des forestiers n’est pas meilleur, comme tous ceux qui vivent de leurs mains. Et puis cette jeunesse, qui veut travailler et est démobilisée. Je veux faire s’exprimer tous ceux qui en ont tellement sur la patate qu’ils ne savent plus à qui le dire. »
À partir de ces considérations humaines, « décliner un programme pragmatique et mettre en oeuvre une politique que l’on ne peut pas mettre en oeuvre au niveau national », précisant qu’il y aura un programme intégral, « un catalogue style La Redoute et tout le bordel ».
« Mal à l’âme »
« Je suis accablé par le désintérêt de nos concitoyens pour les élections et en particulier pour celles-ci », enchaîne-t-il. « Il faut arriver à reprendre le contact d’une manière ou d’une autre. » Ainsi, les candidats Modem iront-ils à la rencontre des citoyens dans chaque département. « Pour parler avec tous ceux qui voudront nous dire de quoi ils souffrent. On se rend compte que les gens ont du mal à exprimer ce qu’ils ont à l’intérieur. Il y a mal à l’âme, une angoisse latente qui dépasse les classes sociales. Pour que cela aille bien, il faut un guide qui ouvre la route, un berger… » S’il reconnaît qu’Alain Rousset est présent lui aussi sur le terrain, une nuance : « Il va partout, mais personne ne se souvient jamais de lui. Quand je serai président du Conseil régional, tout le monde se souviendra de moi. Et pour longtemps. »
« Au saupoudrage », Jean Lassalle préfère « quelques idées fortes et simples dans lesquelles chacun peut se retrouver. Par exemple l’identité. « L’Aquitaine est l’une des plus anciennes régions de France », dit-il, énumérant les richesses. « Mont-de-Marsan et Dax sont aussi les plus belles fêtes de France, derrière Dunkerque (!). Il y a une énorme capacité qui ne se traduit pas : c’est une des régions qui investit le moins, qui imagine le moins. Rousset a un budget qui tient la route, mais c’est un technocrate, pas un politique qui entraîne. Il y a eu l’ère Rousset. Le temps est venu pour l’ère Lassalle. »
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