« Je n’ai pas une stratégie tordue »
GENEVIÈVE DARRIEUSSECQ. En attendant la démission, a priori imminente, de Jean-Pierre Jullian de la présidence de la CAM, le maire de Mont-de-Marsan a passé un été à battre la campagne.
« Je n’ai pas une stratégie tordue »
Article Sud-Ouest du mercredi 9 septembre 2009
Geneviève Darrieussecq veut conquérir la CAM à visage découvert : « Il faut arrêter les réunions d’alcôve et dire les choses aux citoyens. » (photo nicolas le lièvre)
CAM. Résumé des épisodes précédents : Vidalies demande au début de l’été la démission de son ex-allié Jullian, convoque les élus en réunion pendant que Darrieussecq, écartée des débats, prépare la contre-attaque. À quelques jours de l’échéance, c’est le sujet majeur de la rentrée
« Sud Ouest ». Avez-vous beaucoup pensé à la situation de la Communauté d’agglomération du Marsan cet été ?
Geneviève Darrieussecq. Non seulement j’y ai pensé, mais j’y ai surtout travaillé. J’ai donc été à la rencontre des maires et des délégués communautaires de toutes les communes rurales, puisque trois réunions avaient été organisées sans que nous y soyons invités (1)… En août, je les ai donc tous vus. Sauf ceux de Laglorieuse (NDLR : où Alain Vidalies est élu) : j’ai demandé un rendez-vous, pour l’instant sans réponse…
Et que leur avez-vous dit ?
Je n’avais qu’un seul but : leur délivrer le même message. Je leur ai parlé de la manière dont j’ai vécu la CAM depuis dix-huit8 mois ; de ma colère lors de la dernière réunion, où des projets cruciaux nous ont été déballés en 3 minutes ; du courrier que je leur ai fait parvenir au début de l’été pour leur expliquer ma position ; du fait que j’ai mal vécu l’exclusion dont a été victime Mont-de-Marsan depuis le début de cette affaire… On a aussi et surtout beaucoup parlé de l’agglomération, de ses projets et des attentes de leurs communes respectives. Enfin, comme je savais qu’Alain Vidalies serait candidat à la présidence, je leur ai dit que je le serai aussi.
Pourquoi ?
D’abord parce qu’Alain Vidalies n’est pas maire, ce qui est pour moi essentiel en terme de légitimité. Après tout, s’il avait voulu l’être, il n’avait qu’à se présenter… C’est un élu national, qui remplit son mandat de député en étant très souvent pris à Paris, ce qui est tout à son honneur, mais ne lui donne pas la disponibilité selon moi nécessaire à ce poste. Surtout, je suis quand même surprise de voir qu’après un an et demi de travail en duo, où M. Vidalies l’a joué bras dessus, bras dessous avec M. Jullian, on en arrive à ce revirement total. J’ai quand même quelquefois dégusté en séance face à eux… Et voilà que le premier défenseur de M. Jullian devient son premier adversaire ! Je trouve ce revirement pour le moins curieux. Serait-il stratégique ? Moi, j’ai été son premier accusateur : je n’avais peut-être pas tort, alors. Il est normal que je sois candidate pour lui succéder.
Que voulez-vous dire quand vous parlez de stratégie ?
Une agglomération n’est pas une instance politique, c’est un lieu de consensus où des élus travaillent ensemble pour le bien d’un territoire. Après le dernier Conseil communautaire, j’ai rencontré M. Vidalies pour lui parler du problème à venir. Il m’a dit qu’il me tiendrait au courant. J’attends toujours. Et comme dans le même temps, les réunions se multiplient, sans la présence de Mont-de-Marsan et de Saint-Pierre-du-Mont, j’en déduis que je ne fais pas partie de son plan… Pour lui, l’enjeu est politique, il veut apparemment se servir de la CAM comme d’un cheval de Troie pour les municipales de 2014. Pour moi, le premier enjeu, c’est qu’il y a un contrat d’agglomération à mettre en place, pour faire avancer notre territoire.
Vous avez donc fait campagne auprès des élus des communes rurales, à forte sensibilité socialiste. En avez-vous convaincu certains ?
J’espère que certains l’ont été, oui, même si je n’ignore pas que d’autres ne le seront pas. Un grand nombre a en tout cas en tête les enjeux : ce n’est pas la grande ville contre les petites communes. Surtout, il faut un rassembleur à la tête de l’agglomération et ce n’est pas la politique qui va rassembler. Mes collègues en ont assez de cette situation. Et même si quelques-uns ont parfois été heurtés par ma façon de dire les choses en séance, ils ont compris pourquoi. Maintenant, ils veulent en sortir, sans être pris en otage. Ils ont compris qu’avec moi, on travaillerait ensemble, en prenant les décisions dans des commissions qui existeraient vraiment.
En êtes-vous à compter les voix en vue de l’élection à la présidence ?
À part ceux qui sont dans la logique de parti pure et dure, pour la grande majorité, la CAM n’est pas leur préoccupation de tous les jours et c’est heureux ! Ils ont d’abord des comptes à rendre à leurs administrés et veulent que cette situation cesse, avec un minimum de vagues. D’autant que ces vagues-là font de l’écume, pas toujours très propre… Je crois que la majorité d’entre eux n’est pas, sur ce sujet, dans un schéma de politique politicienne. Mais peut-être que je me trompe.
Avez-vous des nouvelles de Jean-Pierre Jullian, pensez-vous qu’il puisse être influent dans votre face-à-face avec Alain Vidalies ?
Je l’ai rencontré cet été… J’ai lu récemment qu’il s’apprêtait à démissionner, il faudra donc procéder dans les 15 jours suivants à l’élection. Sachant que nous avons également une délibération à prendre en urgence sur la médiathèque : j’ai dirigé récemment un comité de pilotage où la Drac (Direction régionale des affaires culturelles) nous donne jusqu’au 15 octobre. Et comme il en va de 35 % du financement, il faut agir vite.
Après, sur le personnage, que dire ? Il ne s’est pas roulé les pouces, il a travaillé pendant dix ans à la CAM ! C’est son mode de fonctionnement qui n’était pas tenable : il décidait tout tout seul. Pour le reste, il faut lui demander. Peut-être fait-il désormais la différence entre quelqu’un qui, certes, s’oppose, mais de façon constructive et ouvertement et quelqu’un qui lui met un coup de poignard dans le dos ? J’ai des défauts, c’est sûr, mais je dis les choses. J’entends parler d’un quatrième conclave (2) : il faut arrêter les réunions d’alcôve et dire les choses aux citoyens. Après, je laisse chacun juge des méthodes des uns et des autres.
Envisagez-vous toutes les possibilités : battue, vous voyez- vous première vice-présiden- te d’un président nommé Vidalies ?
Je me vois d’abord élue présidente ! (sourire) Mais sinon, oui, pourquoi pas ? Si je suis élue, il n’y aura pas de plan établi d’avance pour les vice-présidences : ceux qui voudront se présenter et seront élus siégeront à mes côtés. C’est la différence entre une stratégie tordue et une autre, plus claire et plus simple. La mienne n’est pas tordue. Je ne veux pas que notre agglomération se retrouve enfermée dans une stratégie partisane, je veux avancer, dans le dialogue. Et je rappelle qu’élue, je n’aurais pas de majorité au sein de la CAM…
(1) Allusion aux réunions initiées cet été par Alain Vidalies avec les élus communautaires, moins ceux de Mont-de-Marsan et de Saint-Pierre-du-Mont.
(2) Une nouvelle réunion est programmée demain soir à Bretagne-de-Marsan, toujours à l’invitation d’Alain Vidalies.
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Commentaires
Je viens de prendre connaissance de l’election de Mmme DARRIEUSSECQ à la Présidence de la CAM dont je suis une administrée.Mon conjoint est conseiller municipal à BOUGUE;
nous en avons assez de ces querelles politiciennes et nous nous réjouissons de cette élection. Mme DARRIEUSSECQ a toute notre sympathie et nos félicitations ! Il y a tant à faire, alors Bon Courage et Bravo pour ce que vous avez déjà fait à MONT DE MARSAN depuis votre arrivée à la municipalité.
Je l’avais dit !
FANTASTIQUE et BRAVO.
Vivrions-nous le début de l’agonie du sectarisme idéologique dans les Landes ?
Pierre ( un confrère )


ont croises les doigts madame le maire