« Aux régionales, nous resterons nous-mêmes au second tour »
L’INVITÉ POLITIQUE DU SAMEDI, JEAN-JACQUES LASSERRE. Conseiller régional sortant, tête de liste départementale Modem pour les régionales
« Aux régionales, nous resterons nous-mêmes au second tour »
Article Sud Ouest du samedi 9 janvier 2010
Jean-Jacques Lasserre s’est déclaré hier comme tête de liste Modem pour les Pyrénées-Atlantiques. (PHOTO GUILLAUME BONNAUD)
Vous serez finalement tête de liste départementale du Modem pour les régionales.
Pourquoi ?
Je pars parce que j’ai finalement été sensible à la pression amicale de certains de mes amis, comme Geneviève Darrieussecq, le maire de Mont-de-Marsan. Ma candidature s’inscrit aussi dans la défense des intérêts des Basques et des Béarnais, et non pour de quelconques calculs politiciens. J’ai aussi demandé à ce que Denise Saint-Pée (conseillère régionale sortante et conseillère générale de Sauveterre, NDLR) m’accompagne en seconde position, et Michel Veunac (adjoint au maire de Biarritz et délégué départemental du Modem) vienne en troisième, afin que le BAB, qui est une entité importante du département, soit représenté sur la liste.
Et l’agglomération de Pau ?
Bien sûr, elle sera représentée, et bien représentée sur notre liste. Nous sommes actuellement en discussion pour les places suivantes. Nous voulons une liste cohérente et soudée. Pas une liste basée sur la notoriété de certains ou sur les consignes nationales. Sachant que nous devrons représenter tous les territoires du département, mais aussi constituer une liste ouverte.
Quels seront vos axes de campagne ?
Nous voulons rester fidèles à nos grands principes, comme l’humanisme, l’indépendance et l’ouverture vers l’extérieur que représente la construction européenne. Pour le reste, je veux me baser sur des idées simples. Une collectivité locale n’est pas au service d’un parti ou d’hommes politiques, mais au service des citoyens.
Je ne veux pas engager de polémique avec l’exécutif régional, mais j’ai observé que la Région Aquitaine a besoin de sortir du phénomène de « gadgétisation » qui voit un émiettement de son budget. Il faut éviter ce saupoudrage, qui sert certes de levier à la communication, mais aboutit à un gaspillage des fonds publics. La Région doit aussi oeuvrer en dehors des pressions extérieures.
À quelles pressions pensez-vous ?
Je veux dire agir loin des doctrines politiques nationales. Comment voulez-vous revendiquer une action régionale et en même temps accepter l’affaiblissement au niveau régional des recettes fiscales ? Ce sera pourtant le cas avec la réforme territoriale qui se prépare et ne prévoit pas seulement la suppression de la taxe professionnelle. Nous avons calculé qu’avec cette réforme, l’indépendance fiscale des collectivités va s’affaiblir, passant par exemple pour les départements de 35 à 12 %.
Tout le monde se demande quelle sera l’attitude du Modem en Aquitaine au second tour en cas de fusion…
Nous sommes confiants et pensons que nous dépasserons les 10 %. Car nous voulons rester nous-mêmes au second tour et ne pas nous contenter du rôle de supplétif indispensable.
Pas d’alliance, à gauche par exemple ?
J’ai déjà dit que cette affaire d’ouverture à gauche s’est vite réglée au plan local. On a vu combien la porte a vite été claquée par les socialistes, avant même que la moindre sollicitation ne la franchisse…
Auteur : Recueilli par Nicolas Rebière
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